Archives de la catégorie ‘Electronique de défense’

talos1

Dans ce blog, on aime bien également suivre le devenir des innovations qui ont déjà fait l’objet d’un article. En l’occurrence, un petit coup de projecteur sur TALOS. Si vous vous en souvenez (voir cet article), TALOS – pour Tactical Assault Light Operator Suit – est une armure individuelle développée pour les besoins des forces spéciales américaines (US SOCOM). Elle consiste en une panoplie technologique très impressionnante censée rentrer en service en 2018, en vue d’assurer une protection balistique optimale aux fantassins.

talos5

En particulier, TALOS possède une armure liquide intégrée, activée par champ électrique (rappel : il s’agit d’un matériau magnétorhéologique à base de nanoparticules, capable de changer son état de liquide à solide en quelques millisecondes, lorsqu’un champ magnétique ou électrique est appliqué). Lors de la conférence 2016 Special Operations Forces Industry Conference (SOFIC), l’US SOCOM est revenu sur le projet pour en donner les avancées actuelles.

talos3

Au-delà de la protection conférée par le liquide, TALOS comprend des senseurs pour la vision augmentée du fantassin (IR, IL), un système intégrée de chauffage/refroidissement,  des capteurs permettant d’inférer l’état physique, voire des systèmes permettant automatiquement de stopper une hémorragie ou de fournir de l’oxygène. General Atomics, le célèbre fabricant de drones, est également de la partie, puisqu’il fournit un générateur hybride thermique/électrique pour l’armure. Capable de monter à 10 000 rpm (assez bruyamment), le système peut passer en « tout-électrique » pour préserver la discrétion. Il est également équipé des nouveaux moteurs de LiquidPiston (ci-dessous) pour mouvoir l’exosquelette.

talos4

Le planning est agressif puisqu’un premier prototype devrait voir le jour pour Aout 2018 ! Le coût du programme est estimé à 80M$ – un montant que beaucoup trouvent sous-estimé. Mais le programme a donné naissance à des « spin-offs », au premier chef d’entre elles la société REVISION.

A partir des spécifications de TALOS, la société REVISION a en effet développé le Military’s Kinetic Operations Suit, un concept qui équipe le fantassin d’un exosquelette pour les membres inférieurs, et d’une colonne vertébrale rigide, pour faciliter l’emport de charges.

Le système a également un mode réfrigération incorporé, et permet de protéger le fantassin à 60% (contre 18% actuellement) des impacts de balles. Tout ceci a mené le président Obama à déclarer publiquement « nous construisons un IronMan ». Restent encore quelques grandes interrogations : le coût, le poids, l’efficacité du système énergétique, et…la facilité à utiliser son armement des deux mains, tout en contrôlant l’armure.

La société REVISION (mais a priori sans l’armure complète) sera présente la semaine prochaine lors du salon Eurosatory 2016. Pour s’inscrire, c’est gratuit (mais réservé aux professionnels et au plus de 16 ans), et c’est ici 

 

 

 

 

 

W-Band-Radar Demonstrator

Décidément, les radars qui tiennent dans la main ont la cote (voir mon article sur la puce développée à NTU). Des chercheurs de l’Institut Fraunhofer viennent en effet d’annoncer avoir développé un radar à haute fréquence capable de scanner son environnement sur 360°, et qui est suffisamment compact pour tenir dans la main.

Il s’agit en fait d’un capteur millimétrique, opérant à une fréquence de 94 GHz dans une bande de 15 GHz (bande W). Ces ondes millimétriques (la longueur est en effet comprise entre 1mm et 10mm), à la différence des fréquences optiques, sont capables de traverser tout matériau diélectrique (isolant électrique, en clair). Parmi ces matériaux : le verre, le bois, le plastique… Cela signifie qu’un tel capteur voit à travers ces obstacles, comme à travers la pluie, la poussière ou le brouillard. On imagine évidemment les applications militaires d’un tel dispositif.

Si l’on compare avec des systèmes identiques en service aujourd’hui, l’innovation est évidente : on passe d’un dispositif radar à base d’un substrat de céramique, et pesant plus de 5kg à une technologie de semiconducteurs à arséniure de gallium tenant dans l’équivalent d’une boite de cigarettes (pour être précis : 78 x 42 x 28 mm), et ne générant qu’une puissance de 10 milliwatts. Le composant critique en ce cas est le module haute-fréquence développé par l’Institut Fraunhofer.

radar4

Le système de scan repose également sur une antenne, possédant une lentille diélectrique et jouant le rôle d’émetteur et de récepteur. Elle comprend un miroir rotatif capable de guider les ondes millimétriques de manière à scanner l’ensemble du périmètre (ci-dessous). Bon, OK, j’ai un peu survendu : le scanner au complet mesure 20cm de diamètre (avec le paquet de cigarettes en question à sa base) et 70cm de haut. Il n’empêche qu’il s’agit d’un dispositif portable et léger, et ce grâce au module radar qui, lui, tient bien dans la main.

radar3

Un fantassin muni d’un tel dispositif pourrait détecter des objets à une distance de 3 km (cela dépend évidemment de leur taille), et ce sur 360° ! De la même manière, un drone muni d’un tel radar peut assurer ainsi une surveillance optimale de zone – au-delà de la détection, on peut également déterminer la direction de mouvement de la cible. Une nouvelle ère, donc, pour la détection d’objets ou de cibles sur un théâtre d’opérations.

ntu1

L’université de Nanyang (Nanyant Technology University ou NTU) à Singapour est, pour l’avoir visitée, un creuset d’innovation, avec plus de 33 000 étudiants et un classement au 13e niveau sur l’échelle mondiale. La preuve : les chercheurs du laboratoire VIRTUS de la NTU annoncent aujourd’hui avoir développé une puce SAR (Synthetic Aperture Radar – ou radar à ouverture synthétique) qui tient… sur un doigt et qui consommerait 75% de moins que les technologies conventionnelles, pour un coût de production 20x moindre.

Pour bien comprendre l’innovation, quelques précisions. Une caméra SAR coûte aujourd’hui 1 million de $ environ, pèse jusqu’à 200 kg, et consomme 1000W par heure. Il s’agit de dispositifs volumineux (jusqu’à 2m de longueur) destinés à équiper des aéronefs ou des satellites, mais capables, même en cas de couverture nuageuse ou de végétation dense, de détecter des objets de l’ordre du mètre, en utilisant une imagerie en bande X ou bande Ku (entre 8 et 12 GHz) – un petit rappel sur les bandes de fréquence utilisées dans le graphique ci-dessous.

ntu2

Les radars actuels SAR fonctionnent très bien, mais les contraintes d’encombrement et d’alimentation en énergie limitent considérablement leur emploi, notamment quand il s’agit de drones ou de véhicules autonomes légers. C’est là que l’on comprend toute l’innovation des chercheurs de la NTU : leur caméra SAR ne mesure que 2mmx3mm (ce qui, encapsulée dans un module, mène à une dimension du dispositif de 3cmx4cmx5cm) , ne pèse que 100g et ne nécessite que l’équivalent de l’alimentation d’un téléviseur LED, soit 200W/h. Et sa résolution lui permet de détecter des objets de 50cm à 11 km de hauteur. La puce, intégrée à une carte PC, apparaît ci-dessous en rouge.

ntu5

Les applications de l’innovation réalisée par la NTU vont de l’utilisation de SAR par des drones aériens aux véhicules autonomes terrestres, en passant par le développement de satellites d’imagerie plus petits et plus compacts : de l’ordre de 100 à 200kg en comparaison des satellites classiques d’imagerie dont le poids est plus proche de la tonne (ci-dessous).

ntu3

Evidemment, les candidats acquéreurs se bousculent. La NTU et l’équipe de VIRTUS dirigée par le Pr Zheng Yuanjin a déjà reçu des manifestations d’intérêt de SpaceX, Thales ou Panasonic. D’ailleurs, la puce doit être testée dans le cadre du programme satellitaire S4TIN dirigé conjointement par la NTU et Thales Alenia Space. L’exploitation commerciale devrait quant à elle intervenir d’ici 3 à 6 ans.

spray0

Bon, je l’accorde, le titre est accrocheur. Mais il est parfaitement exact : des chercheurs du Raytheon-UMass Lowell Research Institute (RURI) ont en effet annoncé avoir développé une nano-encre ferromagnétique, apposable en spray, et capable de constituer des antennes radars imprimées.

Avant de parler furtivité, quelques explications. Une nano-encre ferromagnétique est constituée de nanoparticules, capables de s’orienter lorsqu’un courant électrique est appliqué. Dans ce cas, il s’agit d’une encre diffusable en spray, que l’on peut donc vaporiser suivant un motif donné, par exemple pour former une antenne. Ce que l’on appelle un « phased array radar » (pour la traduction en français, je n’ai trouvé que radar à réseau en commande de phase – ou radar à balayage). Le principe est de constituer un réseau d’antennes élémentaires alimentées avec des signaux dont la phase est ajustée de façon à obtenir le diagramme de rayonnement voulu. Cela permet en particulier de suivre des cibles très mobiles.

spray1

Le souci : ces radars sont volumineux, lourds, coûteux, consommateurs d’énergie et demandent des structures de portage qui diminuent la furtivité. D’où l’idée d’utiliser une nano-encre pour imprimer littéralement l’antenne, sur une surface quelconque, la connexion avec l’électronique de traitement se faisant sous la surface.

spray2

Le laboratoire RURI a en effet développé une technologie d’impression par spray consistant à vaporiser une nano-encre à 7mm du support, à travers une grille permettant de créer un motif de réseau.

spray3

On obtient ainsi une antenne radar directement imprimée sur n’importe quelle structure : tourelle de char, coque de bateau (avec quelques bémols en cours de résolution dus à l’eau salée), mais aussi directement sur la structure d’un avion, sans en dégrader les performances aérodynamiques.

Mais au-delà du développement de radars, on peut imaginer également (et c’est ce qu’on fait les chercheurs du RURI) utiliser cette technologie pour réaliser de la furtivité active. Explication : la furtivité passive, c’est la faculté d’une structure à se rendre invisible aux radars, en diminuant sa SER ou signature équivalente radar (donc la surface plane qui renverrait la même énergie que la structure considérée). Pour cela, on utilise une combinaison de matériaux absorbants et de formes géométriques permettant d’absorber et/ou de renvoyer les ondes radar dans d’autres directions que celles de l’émetteur. Ainsi, le F22 Raptor aurait une SER équivalente à celle d’un oiseau. Mais cela n’est pas vrai pour tous les types de radar (notamment des radars basse fréquence), et pour toutes les positions possibles de l’avion…

spray4

La furtivité active, quant à elle, consiste à traiter activement les signaux reçus pour les renvoyer sous une forme qui ne permettra pas au système de détection d’identifier la menace. Une antenne imprimée sur la structure d’un avion ou d’une frégate pourrait permettre de traiter les signaux radars quelle que soit leur fréquence d’émission, et sur tous les angles possibles (puisque l’on peut moduler le traitement des signaux reçus en fonction de la position de la cible). Ce faisant, on surmonte les difficultés de la furtivité passive, tout en fournissant une technologie radar furtive, puisque ne nécessitant pas de structure porteuse.

Une innovation extrêmement impressionnante, donc, qui fait évidemment l’objet d’un dépôt de brevet par Raytheon.

 

armatix1

Bon, on ne peut pas dire que le design de montres soit le point fort de la société Armatix. Sa montre connectée ne déparerait pas sur l’étagère d’un sportif des années 80. Mais il s’agit d’un concept intéressant, au croisement entre l’internet des objets et l’industrie de l’armement. Explication.

La société allemande Armatix GmbH, créée en 2004, s’est rendue célèbre par ses solutions de sécurisation d’armes de poing QuickLock et Baselock. Il s’agit de mécanismes mécaniques et électroniques permettant de sécuriser une arme en insérant un système de verrouillage (ci-dessous) dans le canon (pour les armes de poings) ou dans la chambre (pour les armes longues). Une fois inséré, il est impossible de supprimer le verrouillage sans rendre l’arme inutilisable, sauf à libérer le mécanisme par un code PIN, ou une combinaison empreinte digitale/code.

armatix5

Baselock reprend ce principe en concevant des « cabinets sécurisés » immobilisant le canon de l’arme tant que le code n’est pas entré.

armatix4

Mais la société a poussé le concept plus loin, avec son produit Smart System (oui, bon, ce ne sont pas des champions du marketing non plus). Il s’agit en l’occurrence d’une montre RFID qui dialogue avec le mécanisme interne de l’arme de poing : cette dernière (en l’occurrence, un pistolet IP1 développé sur fonds propres, de calibre 22). A quoi cela sert-il ? En premier lieu, à contrôler le statut de l’arme sur la montre, et notamment le niveau de munitions dans le chargeur.

armatix2

Mais la principale fonction de cette technologie, c’est de n’autoriser l’utilisation de l’arme que dans un rayon spécifique autour de la montre. Ainsi, en cas de vol, de perte, ou si le tireur est désarmé, l’arme devient inutilisable. Une autre application (TRS ou Target Response Systems) concerne les stands de tir : il est possible de n’autoriser le tir de l’arme que sur une cible RFID, et par un utilisateur donné ; si le tireur vise très en-dehors de la zone de ciblage, le tir est bloqué (ce qui permet de sécuriser les stands pour éviter tout incident de tir).

armatix3

La technologie fonctionne aujourd’hui parfaitement avec le pistolet IP1, et la société a entrepris des discussions avec d’autres partenaires pour adapter cette solution à d’autres armes de poing. Mais si le concept est original, il semble toutefois que la rentabilité ne soit pas au rendez-vous pour Armatix qui affiche plus de 14 MEUR de pertes et est placée en redressement judiciaire.

Arme trop chère (a priori 4x plus chère qu’une arme normale) ? Trop peu de demandes ? La question reste ouverte mais la récente éviction du P-DG Ernst Mauch intervient dans un débat dominé par la question de la viabilité industrielle de cette innovation, et de son adoption par le marché. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis en tout cas : sur 1200 licenciés interrogés, plus de 75% rejetaient le concept d’un « smart gun » qui pourrait être désactivé sans leur consentement. Mais à mon sens, le principal obstacle reste la vulnérabilité de la technologie au brouillage ou la prise de contrôle à distance d’une arme par un hacker mal intentionné (voir mon article ici sur les cyberguns).

Il existe de nombreux moyens de sécuriser une arme (et la première est de ne pas en distribuer comme des jouets à tout le monde) ; Armatix a peut-être poussé le bouchon un peu trop loin, en imaginant une solution à un problème qui n’en est pas vraiment un. Ou alors, il fallait demander à Breitling de réaliser la montre, parce que bon, quand même…

aim1

Bon, effectivement, le titre est un peu bizarre. En l’occurrence, il correspond bien à l’engin présenté il y a quelques jours lors du show AUSA (Association of the United States Army Annual Meeting and Exposition)​ : un fusil, mais en fait non.

aim3

Il s’agit en fait d’un outil combinant une antenne wi-fi avec un processeur Raspberry Pi. Pour mémoire, rappelons que le Raspberry Pi est un ordinateur low cost de la taille d’une carte de crédit. Le modèle Pi2B comporte 1Go de mémoire vive, un processeur ARMv7 4 cœurs d’une fréquence de 900Mhz, 4 ports USB et supporte Windows 10 tout cela pour la somme de… 35 EUR. Tout ceci pour information…il faut bien avouer que cela donne des idées.

aim2

En l’occurrence, les idées sont celles de l’ US Army Cyber Institute qui a démontré l’outil au dernier show AUSA (Association of the United States Army Annual Meeting and Exposition)​. Son application : exploiter une faille de sécurité dans un drone quadrirotor Parrot, pour « l’abattre ». Ce n’est donc pas un véritable fusil, malgré son facteur de forme, mais une « cyber-arme » destinée à illustrer des capacités tactiques de soutien électronique à une mission.

aim4

L’engin a été construit en une dizaine d’heures (et ça se voit…), pour un coût d’environ 150$, et a montré son efficacité à la fois dans l’interception de drones grand public, et dans l’ouverture d’un coffre électronique, à distance.

aim5

Bon, ils ne remporteront pas le prix du design, mais le concept est innovant et intéressant ; il illustre également, malheureusement, la vulnérabilité des systèmes électroniques à des attaques ciblées rendues possibles par le rapport coût/puissance des processeurs actuels. La preuve : à la « black hat conference » annuelle, évènement de référence, certes un peu sulfureux, mais rassemblant les hackers de tous pays, les chercheurs Runa Sandvik et  ont montré ce qui arrive lorsqu’en combinant une antenne wi-fi et un ordinateur, on peut pirater un fusil « intelligent » comme les modèles à 13 000$ développés par la société TrackingPoint.

aim6

De quoi parle t’on ? D’un fusil TP750 comme le modèle ci-dessus, comportant un processeur embarqué sous Linux, et, il faut le dire, assez incroyable. Une fois que l’utilisateur a rentré les paramètres comme le vent, la température, le type et le poids de la munition, il vise la cible, appuie sur la détente…et le fusil décide quand il doit tirer. Même à un km de distance, un débutant touche la cible.

aim7

Les deux chercheurs ont détecté (après avoir acheté un tel fusil et réalisé la rétroingéniérie du code) que le système possédait des vulnérabilités. Le résultat ? En réalisant un cyberfusil analogue à celui développé par l’US Army Cyber Institute, ils ont fait « croire » au fusil qu’il était connecté à un serveur, et ont réussi, à distance, à en prendre le contrôle.

Le résultat fait froid dans le dos : ci-dessous, le tireur vise la cible à droite. A un moment donné, les hackers en prennent le contrôle et le fusil tire pile… dans la cible de gauche (et au centre, s’il vous plaît). Ils sont même allés jusqu’à prendre le contrôle total (« root ») du fusil, avec la possibilité d’empêcher tout tir.

aim8

Tout cela illustre bien la course à la technologie, et à l’armement. Peut-être doit-on, au lieu de penser à ce qui pourrait se passer si une Intelligence Artificielle de haut niveau permettait à des robots maléfiques armés de conquérir le monde (voir mon article ici), se poser d’abord la question de protéger suffisamment les armes technologiques. Car un drone, armé ou non, pour un hacker, c’est avant tout un ordinateur qui vole. Un peu comme un canard pour un chasseur aguerri.

 

grenade1

C’est une innovation testée par l’US Army, et qui provient d’une société plutôt connue pour ses réalisations dans le domaine aéronautique et spatial. La société Orbital ATK, qui est quand même un producteur reconnu de munitions de petit calibre et de systèmes d’armes incluant des missiles, vient d’annoncer le test de son nouveau fusil X25, capable de neutraliser des adversaires cachés derrière un mur, ou enterrés dans des caches.

Le X25 est une arme semi-automatique, dénommée CDTE pour « Counter Defilade Target Engagement ». D’un calibre de 25mm, le fusil possède une portée maximale de 500 à 600m, et est construit en matériaux composites. Mais sa principale caractéristique est d’utiliser des munitions de type « airburst ».

Le principe ? Il s’agit d’une munition « intelligente » de 25mm, qui est programmée pour exploser après un temps de vol donné, par exemple 3 ou 4m au-dessus d’un adversaire, neutralisant ce dernier par un effet de souffle et la production d’éclats sur 360 degrés. Le tir est coordonné avec le laser permettant de calculer la distance à la cible (le « temps de vol » étant calculé par les rotations subies par la munition dès la sortie du canon).

grenade2

Cette capacité permet d’atteindre des cibles abritées derrière des obstacles sans avoir à les toucher directement. Généralement, les munitions sont envoyées en rafale : programmées en une fraction de seconde avant le tir, elles explosent séquentiellement au-dessus de l’objectif visé. L’effet est redoutable.

grenade3

Le X25, au-delà de son armement, intègre donc des capacités de programmation balistique de telles munitions (en l’espèce un système d’acquisition et de tir : target acquisition/fire control system ou TA/FC) permettant d’envisager une cadence de tir élevée. La portée optimale est en ce cas de 300m.

La vidéo ci-dessous présente le concept.

Une telle arme avait déjà été testée par l’US Army en Afghanistan en 2010. Les expérimentations actuelles pourraient rapidement déboucher sur une mise en service dès la fin 2016. Une version 40 mm est en cours de développement.

laser2

Décidément, alors que sort la bande-annonce du futur opus de StarWars, le laser n’a jamais été aussi présent dans le domaine de l’innovation technologique de défense. Oublions les canons lasers pour détruire les drones (quoique) précédemment décrits dans ce blog, je reviens cette semaine sur deux informations provenant, comme à l’habitude, d’outre-Atlantique.

En premier lieu, l’US Army  (AMRDEC : U.S. Army Aviation and Missile Research Development and Engineering Center) et l’US Air Force (Air Combat Command et Redstone Test Center) ont annoncé un partenariat en vue de développer des véhicules type MRAP – Mine Resistant Ambush Protected – résistants aux mines et engins explosifs improvisés, dotés d’armes laser de déminage. L’idée est ainsi d’intégrer un Laser développé par l’Air Force (Zeus III) sur un MRAP de type Cougar (voir ci-dessous), afin de faire détoner à distance des bombes enterrées à 300m de distance.

laser1

La problématique se pose typiquement dans le cas du « nettoyage » de pistes d’atterrissages minées, ou contaminées par des explosifs artisanaux, ou par des bombes non explosées. Avec l’engin baptisé RADBO (Recovery of Airbase Denied by Ordinance), il devient possible d’accélérer le nettoyage de telles zones. Pour ce faire, le RADBO dispose de deux alternateurs afin de procurer une intensité de 1100 ampères, suffisante pour faire fonctionner le laser. Ce dernier est placé sur un bras manipulateur permettant à l’équipage de manier le laser en restant à l’abri dans le véhicule. Une décharge du laser est capable de faire détoner 25 kg d’explosif.

laser5

Le prototype ayant été jugé efficace, une première commande de 14 RADBO a été engagée.

La seconde annonce a été quant à elle réalisée par l’US Air Force, qui annonce vouloir déployer des armes laser sur l’ensemble de ses avions de combat d’ici…2020. Ces « pods à énergie dirigée » permettraient de neutraliser des missiles, des drones, et, ne nous en cachons pas, d’autres avions.

laser4

Un premier candidat a été développé par la société General Atomics (connue pour ses drones PREDATOR et REAPER). Il s’agit du laser HELLADS (High Energy Liquid Laser Area Defense System), un laser de 150kW miniaturisé (moins de 5kg par kW, pour un volume de 3m cubes). Il s’agit d’un laser dit liquide, car à la différence des autres lasers utilisant des milieux solides, le faisceau passe à travers des couches de céramique baignées dans un liquide refroidissant circulant rapidement. Cela permet d’éviter le principal problème des lasers solides : la surchauffe qui oblige à tirer des impulsions laser. Le laser liquide permet quant à lui de générer des faisceaux continus sans surchauffe. La technologie précise est gardée confidentielle : General Atomics parle de « ThinZag Ceramic solid-state laser technology » (comprenne qui pourra).

laser3

Une ambition certaine, mais qui pourrait connaître des décalages, car la DARPA n’envisage pas la généralisation de ces technologies avant…2030. Pour la sortie du 12e épisode de StarWars , sans doute…

boeing1

Il y a de cela quelques mois, le sujet des survols de sites sensibles ou urbains par des drones non identifiés posait le problème de leur détection et de leur neutralisation (par brouillage ou tir) – des solutions seront d’ailleurs bientôt dévoilées par les industriels français. Boeing a pris les devants en dévoilant récemment une solution de canon laser « low cost », le CLWS pour Compact Laser Weapon System.

boeing4

L’idée est ainsi de disposer d’un système portable constitué d’un laser invisible à énergie dirigée (2kW) capable de perforer un drone aérien en moins de 15 secondes. Le système est compact (il est transportable dans un coffre de voiture), et ne nécessite deux techniciens pour l’installer et un opérateur pour le contrôler – il est opérationnel en quelques minutes une fois branché sur une simple prise de 220V.

boeing3

L’opérateur contrôle le système à l’aide… d’une manette de XBOX 360 (ce qui rend aisé le remplacement de matériel défectueux). Une fois la cible présente dans la zone de détection du radar intégré dans le CWLS (a priori un rayon de 40km), le système passe en mode automatique pour réaliser un suivi de cible. Le ciblage est suffisamment précis pour viser un point donné sur le drone (structure, aile, charge utile..) comme le montre la vidéo ci-dessous.

Boeing avait déjà dévoilé un démonstrateur de ce concept : le High Energy Laser Mobile Demonstrator (HEL MD) destiné à équiper des véhicules de l’US Army. Le laser CWLS est également capable, in fine, de fonctionner sur un porteur mobile, fournissant ainsi une solution intéressante pour la protection de sites étendus.

 

2 Pingers U + gaine thermo-soudée +pièce + fond blanc

La société française Hear&Know dévoile aujourd’hui son concept « C-Cada Pusher », un dispositif combinant un récepteur, un accéléromètre et une boussole, qui permet de localiser un objet avec une précision supérieure ou égale à celle d’un GPS.

L’idée est ainsi de pouvoir localiser des équipes ou des personnes dans un environnement risqué ou hostile, sans avoir un accès sécurisé à une localisation via GPS (facile à brouiller ou parfois inaccessible en intérieur), de pouvoir localiser des biens ou des véhicules à l’intérieur ou l’extérieur, et ce sans avoir besoin d’une carte SIM.

Logger

Dans le monde des objets communicants géolocalisables, la technologie la plus utilisée repose sur des « tags » transmettant un signal aux systèmes de localisation. Ces tags sont généralement peu coûteux, et ne possèdent pas d’intelligence embarquée.

Logger dans valise

Le système C-Cada pusher, en revanche, semble capable de se géolocaliser lui-même en utilisant une combinaison de différentes techniques : GPS, wi-fi et bluetooth, ondes radio, centrale inertielle, GSM, accéléromètre… tout ceci dans un facteur de forme très réduit (voir ci-dessus). Le système utilise notamment une base de données recensant des millions de relais de transmission radio géolocalisés.

Capteurs

L’idée est ainsi de tirer parti de la couverture existante en termes de GSM, de radios, télévisions ou réseaux locaux pour pouvoir se géolocaliser, sans devoir transmettre d’information puisque la fonction est maintenue au niveau du système lui-même.

Cette annonce intervient au moment où le secrétaire d’état américain à la Défense, Ash Carter, renouvelle ses critiques vis-à-vis du système GPS, et cherche à identifier auprès des startups de la Silicon Valley une alternative au GPS pour permettre la géolocalisation, dans le domaine de l’internet des objets (sic) – voir par exemple son interview dans la revue National Defense.

Il déclare ainsi qu’au lieu de s’appuyer sur l’utilisation d’un satellite, chaque équipement devrait être équipé d’un dispositif micro-électromécanique, reposant sur « une centrale inertielle de navigation, des accéléromètres et des horloges de haute précision ». Un concept qui fait donc furieusement penser au produit de la société Hear & Know. A bon entendeur…

Hear & Know est une société française, dont vous trouverez la présentation sur cette page (non, je n’ai pas d’actions…). C’est l’une des dix start-ups sélectionnées parmi plus de 160 entreprises européennes candidates pour intégrer Scale up Start up un programme d’accélération de start-ups actives dans le domaine de l’internet des objets.