Archives de la catégorie ‘Systèmes d’armes’

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La technologie en elle-même n’est pas nouvelle, mais son déploiement dans une campagne de tests opérationnels au sein de l’US Army vient d’être dévoilé. Il y a quelques années, la société Israélienne RAFAEL avait annoncé avoir développé avec le groupe IAI/ELTA une technologie de « bulle de protection » baptisée TAPS pour Trophy Active Protection System. Aujourd’hui, cette technologie est destinée à rentrer en service opérationnel sur les chars de combats américains M1 Abrams, et sur les véhicules blindés Stryker.

L’enjeu est de fournir une protection active aux véhicules contre les menaces de type RPG (lance-roquettes antichar, LRAC en français), une arme redoutable utilisée dans la majorité des conflits actuels et qui se révèle encore une fois meurtrière dans la zone Yemen. Par protection active on entend une protection qui permet de neutraliser la menace avant même qu’elle ne touche le blindage du véhicule.

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Le Trophy est ainsi constitué d’un réseau de radars à balayage électronique, permettant la détection de menaces approchant rapidement le véhicule. La zone de détection procure une couverture hémisphérique autour du véhicule. Après identification de la menace, un système de contre-mesures est activé et s’oriente automatiquement dans la direction dangereuse. Ce système est constitué de lance-roquettes à fragmentation, permettant d’intercepter et de faire détoner à distance la roquette ennemie. Le système est également capable de détruire diverses charges explosives de type IED en détectant la fréquence des détonateurs. Utilisant la même technologie que le système anti-missiles « Iron Dome », l’innovation réside dans la précision de son système de suivi des trajectoires des missiles adverses – la vidéo ci-après présente le système.

Le Trophy est complètement automatique, ce qui permet de répondre quasi-instantanément à la menace, même à courte portée. Conçu initialement pour le combat urbain, le Trophy projette des fragments dans un cône très localisé afin d’éviter autant que possible les dommages collatéraux. Il peut traiter plusieurs menaces simultanément, fixes ou mobiles.

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Destiné à équiper les chars israéliens Merkava Mk4 , ce système a été également choisi par le Pentagone parmi 15 candidats différents. L’US Marine Corps est donc en train de modifier ses chars M1A4 Abrams pour tester le système, alors que l’US Army va l’expérimenter sur ses chars M1A2 (ci-dessous) et ses véhicules blindés Stryker (4 systèmes sont aujourd’hui en leasing pour permettre ces expérimentations).

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Dans sa version actuelle, le système neutralise un grand nombre de missiles et RPG, à l’exception des LRAC de type RPG30, eux-mêmes munis de contre-contre-mesures (sic). Mais la course à la protection continue, et RAFAEL travaille aujourd’hui sur un système de… contre-contre-contremesures (re-sic) baptisé… TrenchCoat.

 

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DF-ZF pour les chinois, WU-14 pour le Pentagone américain : ce sont les petits noms du nouveau planeur hypersonique chinois, capable de voyager entre Mach-5 et Mach-10. Pour être précis, il s’agit d’une charge militaire hypersonique, lancée à partir d’un missile balistique, ce que l’on appelle en anglais « high-speed maneuvering warhead » ou « hypersonic glider », et capable de percer tout système d’interception.

Pour être tout à fait concret, cela représente des vitesses de l’ordre de 10 000 km/h, même si la notion de véhicule hypersonique doit être modulée et précisée en tenant compte de l’altitude de l’engin (dans la haute atmosphère). Mais l’idée est d’être en position de frapper n’importe quelle cible sur la surface de la Terre en moins d’une heure. Ou de neutraliser un satellite en orbite basse.

Le missile propulsant le système DF-ZF a été tiré la semaine dernière à partir de la base de lancement de Wuzhai, en Chine centrale. Officiellement, il s’agit d’un tir d’essai « pour une mission scientifique » (!), qui fait d’ailleurs suite à un tir russe (le 22 avril dernier) d’essai d’un véhicule hypersonique analogue, à la frontière du Kazakhstan.

Le film ci-dessous illustre bien le concept.

Cette charge hypersonique est compatible avec plusieurs types de missiles balistiques chinois, comme le DF21 (moyenne portée) ou DF31 (ICBM ou missile balistique intercontinental). Le principe est de permettre au missile de lâcher le véhicule dans la stratosphère. Celui-ci retombe alors dans l’atmosphère, et voyage à haute vitesse. Bien que générant une trainée importante, cette solution permet de « planer » plus longtemps que si le véhicule était relâché dans l’espace, tout en minimisant le risque d’interception. En l’espèce, neutraliser un tel engin nécessiterait une arme à énergie dirigée (laser ou « railgun »). Bien que la trajectoire soit prévisible au début (car balistique), c’est donc bien la vitesse qui permet de percer les défenses ennemies. De plus, la trajectoire du DF-ZF est dite « up and down » : le véhicule est lâché, entre dans l’atmosphère, puis se rétablit et remonte avant de contrôler son altitude et sa vitesse, et de planer vers sa cible. Cette trajectoire semble erratique, et est très difficile à anticiper pour un système de défense.

La DARPA cherche également à développer un tel programme, et l’US Air Force anticipe une mise en service vers 2020 (notamment sur la base du X51 Waverider, ci-dessous).

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Comme le DF-ZF, le principe est également de « surfer » sur l’onde de choc créée par le véhicule lui-même (et créant une portance dite de compression). Cependant, à la différence du système chinois, le X51 repose sur une propulsion de type statoréacteur, sans aucune pièce mobile, mais qui est lancé à partir d’un bombardier B52. Le tableau ci-après présente les différents concepts.

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Les russes ne sont pas en reste, avec notamment leur missile Zircon (ci-dessous) à base de combustible liquide, et capable de voler à 6000 km/h et tiré à partir d’un sous-marin de cinquième génération (classe Husky).

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Il s’agit donc bien d’une course à l’hypervélocité. Au-delà de se doter de capacités de frappe nucléaire hypervéloce (comme le suggèrent de nombreux article un peu trop racoleurs sur Internet), la Chine cherche surtout à pouvoir montrer (et prouver) ses capacités à percer une défense antimissile régionale, comme le pensent les chercheurs de la Potomac Foundation.

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La carte ci-dessus montre bien les enjeux dans la maîtrise de la région. Une arme hypersonique pourrait jouer un rôle soit dissuasif, soit offensif dans des zones comme Taiwan, ou la mer de Chine méridionale. A suivre, donc.

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Nous avons parlé à plusieurs reprises sur ce blog des armes légères intelligentes et des munitions adaptatives. Le XM25, lance-grenade intelligent construit par la société Orbital ATK, en est un bon exemple, et il sera bientôt en service. Nous en avions parlé déjà dans ce blog – cet article constitue donc une mise à jour.

Un rappel : il s’agit d’une arme individuelle munie d’un système d’acquisition de cible et de contrôle de l’ouverture du feu. Le système est fondé sur un télémètre laser, qui détermine la distance à la cible. Le tireur peut également ajuster cette distance en tenant compte d’obstacles comme un muret, ou un véhicule – en ce cas, le calculateur permet d’envoyer une grenade qui explose au-dessus de la cible, dans le principe d’une munition airburst. Au-delà de l’arme elle-même, le lance-grenade de 25mm est développé par Heckler & Koch et peut emmagasiner 25 munitions.

Ce n’est pas la première fois que l’on parle d’un tel principe, loin de là, mais cette fois-ci, cette arme parfaitement adaptée au combat urbain a subi les derniers tests avant sa mise en service effective. La portée utile de l’arme est finalement avérée à 500m (selon le constructeur) pour un impact direct, et jusqu’à 700m si une détonation type airburst est utilisée en effet de zone (HEAB pour High Explosive AirBurst). Plusieurs types de munitions sont en cours de développement, et notamment des versions à létalité réduite, ainsi que des munitions spécifiques pour détruire les portes et obstacles.

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Outre cette arme, l’armée américaine – en l’occurrence le U.S. Army Armament Research, Development, and Engineering Center –  teste également une version 40mm appelée SAGM pour Small Arms Grenade Munition, fondée sur le même principe de détonation dans l’air, au-dessus de la cible.

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Cette version est conçue pour être lancée à partir d’un lance-grenade M203 ou M320, même si le système de guidage doit encore être affiné. Dans le cas du XM25, la mise en service semble imminente – durant le développement du programme, des prototypes avaient été testés avec succès en Afghanistan.

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Il a prouvé son efficacité, et notamment sa capacité à causer moins de dommages collatéraux afin de neutraliser des insurgés, en comparaison avec le recours à des tirs de mortiers ou des frappes aériennes. Un nouveau paradigme dans le cadre du combat urbain.

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Il ne s’agit pas de systèmes d’armes létaux autonomes, car sont supposés être contrôlés en permanence par un humain, mais quand même… Le programme Lethal Miniature Aerial Munition System ou LMAMS vise à développer des munitions intelligentes – un nom sibyllin pour désigner des drones armés portables.

La société américaine Aerovironment a ainsi développé et déployé le Switchblade, un mini-drone portable armé. Transportable dans un sac à dos car il ne pèse que 2,5 kg, le drone est tiré à partir d’un tube. Une fois éjecté, ses ailes se déploient, et il commence un vol qui peut durer jusqu’à 10 minutes, dans un rayon de 10km. Capable d’envoyer des images dans les spectres visible et infrarouge à l’opérateur qui le contrôle, il est aussi capable de fondre à 150 km/h sur sa proie… en activant une tête militaire capable de neutraliser un camion. Un drone kamikaze, en quelque sorte… Il peut également être programmé pour percuter une cible prédéfinie.

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Cela est peu connu, mais 4000 de ces drones ont déjà été déployés en Afghanistan par la 3e division d’infanterie américaine. Et les fantassins sont plutôt conquis par le concept. Vous pouvez le voir en action sur ce film.

Evidemment, des questions se posent par exemple sur la vulnérabilité au piratage ou au brouillage de ces drones (la société Aerovironment ne souhaite pas communiquer à ce sujet). Et il vaut mieux ne pas imaginer de tels systèmes entre de mauvaises mains. D’autant que le Switchblade n’est pas le seul engin de ce type. Ainsi, la société Textron, avec le Battlehawk (ci-dessous), la société Israélienne uVIsion avec le Hero30 ou encore Lockheed Martin, avec le Terminator ( !) sont également en lice pour le programme LMAMS.

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Pour ce dernier, les spécifications sont exigeantes : le système doit être piloté à partir d’une station opérable de jour comme de nuit, fournir de la vidéo et des moyens de contrôle en temps réel. L’opérateur doit pouvoir sélectionner les cibles visuellement, par géolocalisation, pouvoir armer ou désarmer le système. Ce dernier doit être capable d’interrompre sa mission et de revenir seul à son point de lancement. Le système doit pouvoir opérer de manière semi-autonome, manuelle, ou… autonome (un mot dangereux car extrêmement vague, dès lors que l’on parle de systèmes d’armes létaux : en l’occurrence, il est bien précisé que c’est l’opérateur qui commande la détonation de la charge militaire).

Ce sont donc tous des drones professionnels haut de gamme. Mais dans ce blog, je parlais récemment du drone DISCO de Parrot qui pourrait être équipé de capacités analogues (si l’on élimine le besoin d’une optronique performante). Et donc représenter une menace en cas de détournement… D’ailleurs, la photo suivante montre un drone Skywalker X9 civil, militarisé par Daech, et transformé en IED (heureusement abattu par les forces kurdes).

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Une nouvelle menace à prendre en compte dans cette course à la technologie aujourd’hui ouverte à tous les participants.


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Depuis longtemps, les Nord-Coréens nous ont habitué à des annonces retentissantes, supposées renforcer (généralement, et c’est encore le cas ici) la puissance du leader suprême (sic) à quelques jours de son anniversaire. C’est dire la méfiance que suscite l’annonce du succès d’un test supposé de bombe H nord-coréenne, il y a quelques jours. Alors : effet d’annonce, ou réel succès pour le régime ? La technologie est aujourd’hui en mesure de rechercher la vérité.

En premier lieu, la détonation a généré des ondes sonores  (infrasons inférieurs à 17 Hz) et des ondes sismiques, et en particulier des ondes de compression (ondes P) – en l’occurrence, équivalentes à un séisme de magnitude 5.1. Ces ondes sont capturées par un réseau de 80 stations munies de capteurs, réparties dans le monde entier. Et le signal, une fois capté, doit être reconstruit et débruité, puisque les caractéristiques du milieu de propagation (granit, roches plus poreuses…) dégradent le signal. En l’occurrence, des ondes P ont bien été détectées, mais cela signifie simplement qu’une explosion a eu lieu.

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Pour savoir si celle-ci est d’origine nucléaire, et qu’il s’agit en particulier d’une bombe à hydrogène, il est nécessaire d’analyser les radioéléments relâchés lors de l’explosion. La présence de résidus d’uranium ou de plutonium est caractéristique d’une bombe A, alors qu’une bombe H thermonucléaire, mettant en œuvre un processus de fusion et non de fission, relâche beaucoup moins de tels résidus, et une combinatoire caractéristique (et d’ailleurs secrète) de différents isotopes. Pourquoi secrète ? Parce qu’en l’analysant, on apprend beaucoup de la fabrication d’une bombe à hydrogène. Les signatures caractéristiques ne sont donc pas publiques. Au-delà des isotopes et résidus, les gaz émis comme le xénon sont également des signatures de la composition de la bombe. Mais l’explosion a eu lieu en souterrain : cela complique donc l’analyse.

Pour tenter néanmoins de détecter ces éléments, les Etats-Unis ont envoyé des avions « renifleurs » (sic). En l’espèce, un avion WC-135 Constant Phoenix, un quadriréacteur dérivé d’un C135, équipé de capteurs d’air embarqués capable de recueillir, d’analyser  et de conserver les particules radioactives éventuellement émises. L’US Air Force dispose de deux avions de ce type, qui sont intervenus à Tchernobyl, lors de l’accident de Fukushima, et lors des trois derniers essais supposés de la bombe Nord-Coréenne (en 2006, 2009 et 2013). L’avion a été envoyé le mercredi 6 janvier à proximité de la zone.

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D’autres systèmes de détection existent, comme par exemple l’utilisation du réseau GPS, celui des satellites permettant le positionnement et la navigation. Car une explosion, même souterraine, génère une onde de choc jusqu’à l’atmosphère. Celle ci affecte la densité des électrons en générant un pic de densité, qui modifie la vitesse de propagation du signal GPS. Comme les stations de réception GPS sont distribuées dans le monde, il est possible, par triangulation et suivi de l’onde de propagation, de tracer l’explosion et d’en déduire quelques caractéristiques. Ainsi, lors de l’explosion nord-coréenne de 2009, 11 stations de réception dans la région ont détecté une onde de choc voyageant à 870 km/h, et provenant du site de P’unggye en Corée du Nord (ci-dessous).

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Mais la signature sismique à elle seule tend à montrer qu’il ne s’agissait sans doute pas d’une bombe à hydrogène. Car l’onde de choc générée n’est pas caractéristique d’une explosion thermonucléaire (de l’ordre de l’équivalent d’une dizaine de mégatonnes de TNT), mais proche de la magnitude observée lors des derniers essais nord-coréens (magnitude 4.5, avec une charge explosive de l’ordre de la dizaine ou de la centaine de kilotonnes de TNT). L’envoi du WC-135 devrait permettre de confirmer cette hypothèse.

En l’espèce, il ne s’agirait pas d’une bombe H, mais d’une bombe A « dopée » au deutérium et au tritium (permettant d’augmenter la température au sein de l’engin, et donc de générer plus d’énergie lors de l’explosion). C’est en tout cas aujourd’hui la thèse privilégiée, même si le simple fait d’annoncer la miniaturisation de l’arme, et sa capacité à être embarquée sur un missile KN08, est en soi un sujet d’inquiétude. Mais cela est, pour le coup, difficilement vérifiable.

 

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Il a l’air tout droit sorti d’un film de science-fiction et d’ailleurs (ça ne s’invente pas) son capitaine s’appelle…James Kirk. Après un décalage de quelques années, le premier Destroyer de la classe, le DDG 1000 USS Zumwalt, vient d’entamer sa campagne d’essais à la mer.

La classe Zumwalt est une classe de navires furtifs de gros tonnage (14 000 tonnes) qui remplace, dans son usage, les navires Iowa mythiques de 1940. Conçu pour des missions de frappe contre la terre, l’USS  Zumwalt possède deux canons de 155mm, de type AGS (Advanced Gun Systems) d’une portée de 160km, et 80 cellules lance-missiles, ainsi que deux canons d’autoprotection Mk46 de 30mm.

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Mais surtout, l’USS Zumwalt, avec 78 MW, produit suffisamment de puissance électrique pour pouvoir opérer le « railgun » (voir cet article) électromagnétique, capable de lancer des projectiles à une vitesse de plus de 7200 km/h !

Toutefois, quelques critiques soulignent son retard technologique : le programme Zumwalt (nommé en l’honneur de l’Amiral Elmo Zumwalt Jr (commodément surnommé « Bud »), héros de la guerre du Vietnam et ancien directeur des opérations navales, a été lancé en 1990 avec un objectif initial de 32 bâtiments, aujourd’hui ramené…à trois ! Car, d’une part, le jouet est cher : 3,2 milliards de $ par navire ! Mais surtout… il ne tiendrait pas bien la mer, d’après certains observateurs critiques.

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Car la forme de coque inversée nécessaire à sa furtivité (appelée Tumblehome) semble ne pas faire bon ménage avec sa stabilité. La tenue à la mer forte semble problématique, à tel point que plus de 8 officiers de l’US Navy impliqués dans le programme ont douté de ses performances. Un vieux débat, qui resurgit aujourd’hui. D’après l’US Navy, le souci réside en fait moins dans la forme intrinsèque du navire que dans la certification du logiciel qui en garantit la stabilité. Mais des tests ont été réalisés, des simulations effectuées et la campagne d’essais aujourd’hui débutée devrait permettre de dissiper rapidement ces doutes.

Il reste que le Zumwalt est un navire révolutionnaire, avec un équipage très réduit à l’instar de nos frégates multi-missions (FREMM) puisqu’il ne compte que 125 marins. S’il parvient à dompter les flots…

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Utiliser la télévision pour parfaire son image, c’est bien…à condition de se rappeler que les caméras filment tout, y compris ce qui n’aurait pas dû l’être. A Sotchi, durant une réunion filmée par la télévision russe, un officiel aurait accidentellement montré à la caméra un document présentant un nouveau concept de torpille sous-marine nucléaire baptisé « Status-6 ». La vidéo ci-dessous montre le reportage dont l’image en tête de cet article est extraite :

Selon le document, le système Status-6  «Ocean Multipurpose System » est un système d’armes sous-marin autonome et robotisé, conçu pour déjouer les sonars de l’OTAN, avec un rayon d’action de 10 000 km, et capable d’évoluer à 1000m de profondeur à une vitesse de 185 km/h. Ces informations sont cohérentes avec des informations déjà divulguées par le journal Rossiiskaya Gazeta, qui spéculait sur le développement d’une arme radioactive porteuse d’une tête militaire de 100 mégatonnes à base de Cobalt 59.

Le but serait d’être capable soit d’anéantir une force ennemie, soit de causer des dommages catastrophiques à une région côtière, par irradiation massive. Le système aurait été développé par le bureau d’études Rubin, de Saint-Petersbourg, l’un des centres principaux de conception des sous-marins russes, et notamment responsable de la conception de la nouvelle classe de SNLE russes, la classe Borey – ci-dessous, le site de Rubin (http://ckb-rubin.ru/en/main/)

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Une telle torpille serait, le cas échéant, lancée à partir des sous-marins de classe Belgorod ou Khabarovsk. Toutefois, le chiffre de 100 mégatonnes est terrifiant, puisque la bombe nucléaire la plus puissante jamais conçue et expérimentée était la célèbre « Tsar Bomba » de plus de 50 mégatonnes (voir ci-dessous). Imaginer une arme de 100 mégatonnes sous-marine, c’est imaginer, au-delà de la chaleur et de l’irradiation, un tsunami massif de 500m de haut, qui pourrait d’ailleurs également toucher les côtes de l’expéditeur.

Donc info ou intox ? Cela fait longtemps que le président Vladimir Poutine annonce que, sans vouloir rentrer dans une nouvelle course aux armements (!), il « se doit » de développer une arme en réponse au bouclier anti-missile de l’OTAN, notamment dans sa composante Aegis Ballistic Missile Defence (BMD). On peut ainsi imaginer que le concept ait été volontairement « fuité » aux média, pour soutenir le discours officiel, que l’information soit vraie ou non. Espérons en tout cas qu’une telle arme ne voie jamais le jour, car ses effets dépasseraient le pire cauchemar nucléaire que l’on puisse faire… Une image quelque peu dissuasive, et donc peut-être pas si fortuite que cela.