Articles Tagués ‘Innovation’

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Lors du voyage presse innovation du GICAT, une démonstration était présentée par Thales pour la seconde fois (j’avais pour ma part assisté à une première présentation lors de la journée innovation du groupe, sans pouvoir communiquer à l’époque sur le sujet). Il s’agit d’un gant tactique couplé à un gilet connecté, et capable de reconnaître la gestuelle du fantassin. Explications :

Lorsque (par exemple) une section d’infanterie doit réaliser une mission, elle est immergée dans un environnement potentiellement hostile dans lequel la discrétion est un impératif. Les commandements doivent être discrets, ils ne doivent pas permettre de révéler la progression des fantassins (ni d’un point de vue acoustique, ni d’un point de vue visuel), ni de permettre de déduire leur position.

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Cela pose un certain nombre de problèmes, notamment lorsque l’on se trouve dans une situation dans laquelle la ligne de vision est compromise, ou lorsque l’on « rate » le geste, au risque de devoir demander une confirmation par radio.

Des ingénieurs de Thales ont gagné un concours d’innovation interne, proposant une solution inventive à ce problème : l’utilisation d’un système permettant de reconnaître en temps réel les gestes des soldats, et de les propager à un système d’information opérationnel.

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Le projet ingénieux de François Kerautret et Benjamin Meunier repose en premier lieu sur un gant tactique connecté, relié à un gilet lui-même équipé de divers capteurs, notamment un GPS et une boussole. Il s’agit d’un équipement que les deux créateurs ont eux-mêmes développé à partir de composants sur étagère. Le gant, bardé de capteurs, est capable de reconnaître la gestuelle du combattant, et de l’interpréter en fonction d’un dictionnaire gestuel préétabli.

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Le principe de fonctionnement était bien mis en évidence par la démonstration réalisée lors du voyage presse innovation du GICAT. Elle consistait à représenter un groupe de 4 fantassins débarqués, dont un opérateur radio, chargé de sécuriser une zone infiltrée par des insurgés, et comportant des otages civils. Le système (représenté ci-dessous) permet de traduire les gestes du chef de section ou d’un GV (NB Grenadier-voltigeur), et de les propager directement au système d’information.

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Sur la photo ci-dessous, on voit l’interprétation du geste du GV, qui est à la fois directement transmise au système d’informations, et propagée en audio par le réseau radio via synthèse vocale. On peut ainsi indiquer une direction dangereuse,

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et faire passer des messages demandant une assistance ou une opération particulière. Comme le fantassin est géolocalisé, les personnels concernés par le contexte du message – et seulement ces derniers – sont avertis, et reçoivent l’information.

Le système de surveillance permet de qualifier l’état du porteur, avec une traduction automatique des gestes en messages textes (visualisés sur la droite de l’écran).

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Il peut être connecté à différents terminaux : « smart watch », ou terminal portable (on peut ainsi imaginer le connecter au système Auxylium, système de smartphone sécurisé développé pour l’opération Sentinelle à partir d’un projet d’innovation participative de l’Armée de Terre.

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Mais les fonctionnalités offertes par le système de Thales ne s’arrêtent pas là, puisque le gilet incorpore d’autres capteurs, capables par exemple de détecter que le soldat a dégainé son arme,

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ce qui permet de propager une mise en garde automatique pour le reste de la section.

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Ou encore un capteur de pression systolique et un capteur permettant de détecter la chute du porteur. Les fantassins étant généralement en très bonne forme physique, l’association de ces deux mesures permet d’établir une alerte et de demander immédiatement du secours sur zone (voir l’icône « critical » sur le SI simulé).

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Ce n’est pas la première fois qu’un tel système est développé (voir par exemple les travaux réalisés par l’UC San Diego Jacobs School of Engineering autour d’un gant connecté pour la reconnaissance automatique du langage des signes, ou la thèse de doctorat de Marc Dupont sur la reconnaissance gestuelle par gant de données pour le contrôle temps réel d’un robot mobile). En revanche, c’est la première fois à ma connaissance que le système est pensé pour une utilisation opérationnelle, et démontre sa capacité à s’intégrer au sein d’un système d’information tactique.

Il s’agit pour l’instant d’un « proof of concept » élaboré ; la phase suivante reposera sans doute sur les compétences internes de Thales, pour passer du prototype au produit, industrialiser un tel dispositif et justement l’intégrer au sein d’un SIO. Une belle réalisation, que je continuerai à suivre dans ce blog.

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Pour une fois, je me fais le porte-parole d’une action dans laquelle je suis directement impliqué, et que je crois véritablement bénéfique pour le monde de l’innovation de défense en France. L’idée est d’accompagner les start-up françaises dans le monde de la défense terrestre et aéroterrestre et de la sécurité, et comme vous le constaterez, la première « promotion » est de qualité!

Vous trouverez ci-dessous le communiqué officiel du GICAT (pour mémoire : groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres) que je reproduis directement. Pour toute information, adressez-vous au GICAT (ou à moi, je relaierai).

Le GICAT lance officiellement son nouveau label “Generate” permettant à des start-up françaises de comprendre et d’intégrer le monde de la défense et de la sécurité.

L’ambition première de ce label est de devenir un HUB d’échanges afin de promouvoir l’innovation au sein du secteur de la Défense et de la Sécurité terrestres et aéroterrestres. Ces industriels développent du matériel de pointe, performant, gage d’une grande technicité. Les start-up ignorent parfois qu’elles sont à l’origine de technologies pouvant avoir une utilité dans le monde de la défense et de la sécurité. Rejoindre « Generate » by GICAT, c’est leur offrir de nouvelles opportunités et leur assurer un accompagnement sur mesure afin de se développer.

Les objectifs de ce label sont les suivants:

  • Promouvoir une démarche d’intelligence collective entre acteurs de la défense & sécurité et start-up issues d’autres secteurs
  • Participer à l’excellence française en matière d’innovation et en faire bénéficier le secteur défense & sécurité
  • Mettre en avant l’importance de l’innovation au sein de l’industrie de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres

Afin de faciliter l’intégration de ces start-up, le GICAT mettra à leur disposition de nombreux services comme :

  • Apporter une connaissance globale des mécanismes et acteurs (institutionnels, industriels, scientifiques, etc.)
  • Organiser des rencontres avec les acteurs de la défense & sécurité : forces de sécurité, forces armées, DGA, centres de recherche, etc.
  • Mettre en relation ces start-up avec des industriels membres du GICAT souhaitant échanger et coopérer dans une démarche d’innovation
  • Accompagner ces start-up grâce à une système de parrainage assuré par des membres du groupement qui leur apporteront leur connaissance et retours d’expérience.

Le 17 mars 2017, un jury composé de la délégation du GICAT, de présidents de commissions et d’industriels – Emmanuel Chiva (AGUERIS), Jérôme Diacre (ELNO) et Yannick Rolland (ATOS) – ont retenu 5 start-up pour faire partie de la première « promo » de Generate :

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Née d’un projet de R&D personnel en 2010, Aleph-Networks est née en février 2012 autour du développement de deux technologies innovantes :

  • GrayMatter, une technologie de collecte et structuration de données, adressant les problématiques Big Data
  • SafetyGate, une technologie de réseaux distribués (p2p) permettant de répondre aux risques induits par la transmission d’informations sensibles.

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Solution complète anti-drone, CerbAir permet de détecter, localiser et neutraliser les drones malveillants avant que ceux-ci ne commettent leur méfait. Issues de la recherche française, leurs technologies d’analyse radiofréquence et de reconnaissance d’image protègent contre tous les drones civils. Enfin, le système d’alerte et de levée de doute en temps réel permet de neutraliser le pouvoir de nuisance des intrus indésirables via le recours à diverses contremesures telles que le brouillage ou le lance-filet.

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Linkurious Enterprise est une plateforme de visualisation et d’analyse big data qui permet de comprendre les connections cachées dans les données. Sa technologie est déjà utilisée par le ministère français des Finances pour la détection de la fraude à la TVA, par plusieurs banques pour améliorer la détection de blanchiment d’argent, et sur des questions de sécurité informatique. Linkurious collabore même avec la NASA, pour rendre l’information d’une de ses bases de documents facilement utilisable, en mettant au point un système plus adapté que les moteurs de recherche.

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Le premier correcteur automatique de calculs – Aujourd’hui, pour corriger les déviations numériques, les ingénieurs testent le plus grand nombre de manière possible d’écrire chaque formule pour trouver la meilleure et ensuite tester si celle-ci est suffisamment stable et précise… Mais il est parfois difficile de tout tester dans le temps imparti. Numalis valide les programmes et multiplie leur précision tout en améliorant leurs performances.

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Sterblue met en oeuvre des solutions d’inspection automatique de sites sensibles autour de trois technologies principales :

  • Perception: algorithme de navigation autonome aux abords des structures complexes
  • Curiosity : algorithme d’intelligence artificielle (Deep Learning) permettant la détection automatique de défauts dans les clôtures/intrusion
  • Cloud Sterblue permettant de stocker et visualiser l’intégralité des données traitées sur différentes interfaces utilisateurs.

 

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Retour sur le concours d’innovation du SIMDEF 2015 qui s’est déroulé hier et que j’ai eu le grand plaisir d’animer, avec 10 candidats officiels, 9 présents, et trois lauréats de grande qualité.

Le gagnant du concours est la société VOXYGEN, qui a présenté une innovation intitulée « la voix en soutien à la simulation ». La société est une société Française, spin-off d’Orange Labs, spécialisée dans la synthèse vocale naturelle, multi-expressive et multilingue. Voxygen dispose d’un savoir-faire établi en matière de création de voix de synthèse qui lui permet de créer des voix avec très peu de données et avec une maîtrise complète et novatrice de l’expressivité – et je dois dire que la démonstration était impressionnante.

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Trois exemples de mise en situation de la technologie dans un contexte de simulation ont été présentés: en premier lieu, et selon la société, « l’immersion de l’apprenant passe par plus de réalisme dans le ton de la voix de l’instructeur virtuel, en adéquation avec le message à faire passer. Une analyse des situations d’apprentissage fait ressortir cinq types de messages : informations didactiques, consignes, alertes, messages d’urgence et encouragements. A chacun de ces messages correspond un ton différent de la voix de synthèse », et une démonstration a été présentée avec une leçon de conduite virtuelle.

La voix est aussi un canal privilégié pour la remontée d’informations, en complément ou en alternative à un affichage. Enfin, la société a présentée des « voix rush » consistant à reproduire la voix d’une personne avec des enregistrements quelconques, non prévus initialement à cet effet, afin de lui faire dire ce que l’on souhaite. Entendre un texte énoncé avec la voix de Jacques Chirac est déjà en soi assez bluffant). Assez amusant : un catalogue de voix dont un extrait est présenté sur le site de la société, et ci-dessous:

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Bravo donc à Voxygen pour ce prix : la société est visible ici.

En ce qui concerne les 2e et 3e prix :

  • 2e prix : société INGENUITY I/O : environnement de prototypage rapide, là encore assez bluffant, dont vous trouverez une démonstration video sur cette page. La société travaille pour l’ENAC, Airbus, DCNS…
  • 3e prix : projet MADE – et je salue particulièrement l’enthousiasme, l’inventivité et la clarté d’exposition des étudiantes lauréates. Il s’agit d’un « serious fun game » dont le but est de permettre à des managers, chefs d’équipe de faire travailler leurs collaborateurs en vue d’améliorer la gestion d’éléments imprévus, la communication et la gestion des priorités.

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A noter : ce projet est un projet étudiant réalisé dans le cadre du Master de management de projets innovants en jeu vidéo et applications mobiles (www.master-maje.fr) – une des seules formations du domaine.

Bravo donc à tous les participants, que vous retrouverez sur cette page, et bravo aux lauréats. A l’année prochaine !

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Je me fais le relais d’une nouvelle du Cercle des Partenaires de l’IHEDN. Les 28 et 29 mai prochains, la Chaire Economie de défense (voir la présentation ici), en collaboration avec la Chaire Innovation (Gretha – Université de Bordeaux), organise une conférence sur le thème « Defense R&D and Innovation ».

Cette conférence se déroulera à l’Université de Bordeaux, dans les locaux de la faculté de droit, place Pey-Berland.

Plusieurs chercheurs interviendront pendant la conférence :
– Marianne Guille (Univ. Panthéon-Assas)
– Keith Hartley (University of York, GB)
– Martin Kenney (University of California Davis, USA)
– Nathalie Lazaric (GREDEG, CNRS-University of Nice, France)
– Martin Lundmark (FOI, Swedish Defence Research Agency)
– Valérie Mérindol (Paris School of Business)
– Knut Sogner (BI Norwegian Business School, Oslo, Norway)
– Jean Belin (Chaire Economie de défense)

Une table ronde réunissant chercheurs, décideurs publics et privés se déroulera le vendredi 29 dans la matinée.

Plus d’informations : http://economie-defense.fr/conference-defense-rd-and-innovation-28-29-mai-bordeaux

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Chaque année, le séminaire de simulation de défense « SimDef » réunit les acteurs de la simulation du ministère de la défense et du monde de l’’industrie. Le séminaire est gratuit, il est organisé par le groupe ADIS (Armées / DGA/ Industrie pour la simulation), et aura lieu les 7, 8 et 9 juillet prochain à l’UVSQ (université de Versailles – St Quentin), à Guyancourt. A cette occasion, le SIMDEF organise un concours annuel portant sur l’innovation. En 2015, après les sociétés AYOTLE (2013 – voir la photo de remise du prix ci-dessus) et REAL FUSIO (2014) la troisième édition du concours viendra récompenser tout organisme (ou individu) ayant développé une application ou un concept innovant dans le monde de ou applicable à la simulation de défense. 

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Le concours est ouvert à tous les acteurs français du domaine de la simulation : Industrie, Forces, DGA, monde académique, individus et toutes les innovations seront considérées : technologiques (interfaces, applications, matériel…), organisationnelles, théoriques (articles, thèses,…)… Le gagnant sera soutenu par le groupe ADIS et bénéficiera d’une publicité soutenue auprès des instances de communication de la DGA et des Armées, de la présentation du lauréat et de son projet sur le site du groupe ADIS, et d’une mise en valeur lors du salon EUROSATORY 2016. Ci-dessous, Marc Germain, président et fondateur de Real Fusio, lauréat 2014, lors de la remise du prix à Eurosatory avec le Général Sainte-Claire Deville, actuel commandant des forces terrestres, le général (2S) Patrick Colas des Francs, directeur général d’Eurosatory, M. Hisham Abou-Kandil, chef de la MRIS, Henri Buenavida, président du groupe ADIS, le colonel (T) Laurent Tard de l’EMA et moi-même.

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Etant l’animateur du concours, si vous souhaitez participer, envoyez-moi votre candidature par email  – le dossier d’instruction comprend :

  • une fiche présentant l’organisme, l’innovation (en soulignant les points innovants), et, le cas échéant, un lien vers des éléments illustratifs (site, photos, film…) s’ils existent
  • un engagement de présence lors de la journée du concours le 08/07/2015, à l’Université de Versailles- St Quentin – les participants du SIMDEF 2015 éliront le gagnant lors de la journée dédiée au concours
  • Date limite de participation : 15/06/2015

Les critères de sélection sont les suivants:

  • Caractère innovant;
  • Vérification de la preuve de concept (TRL>3)* pour les démonstrateurs;
  • Utilisation envisagée dans le domaine de la simulation de défense.