Archives de la catégorie ‘robotique’

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Les satellites géostationnaires civils et militaires posent aujourd’hui de nombreux problèmes quant à leur maintenance. A 36 000 km de la Terre, il est en effet impossible d’envoyer des missions de réparation ou de mise à jour de leurs composants ; ils sont donc aujourd’hui contraints d’embarquer de nombreux systèmes redondants pour pallier d’éventuelles défaillances, et du carburant afin d’ajuster, le cas échéant, leur position. Sans mentionner l’obsolescence de la charge utile, qui est vouée à rester dans l’espace jusqu’à la fin de la vie du satellite.

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Plutôt que de multiplier les nouveaux satellites, la DARPA a lancé une nouvelle idée sous la forme d’un programme appelé Robotic Servicing of Geosynchronous Satellites (RSGS). Il consiste à développer d’ici 5 ans une approche fondée sur des technologies de robotique orbitale, afin d’aller au plus près des satellites géostationnaires afin de les inspecter, de les réparer ou de remplacer certains composants devenus obsolètes.

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Le vecteur serait un RSV (robotic servicing vehicle), financé par l’industrie, alors que le lancement et le contrôle des missions seront assurés par les services de l’Etat.

L’approche repose sur un concept de bras robotisé développé par la DARPA, et baptisé FREND pour Front-end Robotics Enabling Near-term Demonstration (comme quoi la DGA – que je salue – n’a pas le monopole des acronymes complexes). Le bras a été conçu pour opérer sur des satellites non conçus à l’origine pour recevoir des opérations de maintenance.

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 Il s’agit d’un projet développé depuis 2005, et, anecdote amusante, pour le tester, la DARPA a du développer une table à air pulsé de 4m par 6m en granit, afin de reproduire le comportement des objets flottants dans le vide (photo ci-dessous).

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Le bras FREND sera amélioré, notamment d’un point de vue logiciel, en embarquant des senseurs supplémentaires, ainsi que des capacités logicielles de vision autonome pour faciliter les opérations d’appariement et de réparation. Le système met également en œuvre une simulation physique afin de générer des plans de réparation, testés au sol avant d’être transmis au RSV.

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Le programme RSGS fera l’objet d’un appel à propositions dans les prochains mois. Cette approche de partenariat public/privé pourrait mener au lancement du premier RSV dans un horizon de 5 ans.

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Si vous avez vu (ou lu) « la guerre des mondes », vous vous souvenez sans doute de ces engins de colonisation capables de se dissimuler plusieurs années dans la terre, pour ressortir une fois l’invasion lancée. Rien de comparable ici sinon le principe… du moins pour l’instant.

L’engin en question, de son petit nom CRACUNS (Corrosion Resistant Aerial Covert Unmanned Nautical System), est un drone aérien de type quadrirotor, mais conçu pour pouvoir séjourner sous l’eau sans dommage. Construit par des chercheurs du prestigieux Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory, dans le Maryland, le CRACUNS peut être soit lancé d’un sous-marin – éventuellement lui-même autonome, soit dissimulé sur un site sous-marin fixe, et lancé en cas de besoin.

L’idée est ainsi de pouvoir, sans être détecté, disposer dans un premier temps d’une capacité de renseignement, par exemple en étant largué à proximité des côtes, pour pouvoir effectuer plusieurs mois plus tard des missions de reconnaissance ou d’observation des terres.

Pour cela, le CRACUNS est résistant à la corrosion : les chercheurs du JHUAPL l’ont ainsi laissé en immersion dans de l’eau salée pendant deux mois – le drone s’est avéré capable de voler sans problème et sans trace de corrosion. En termes de profondeur, celle-ci est décrite comme « significative », sans plus de détail (on peut l’estimer à 100/150m de profondeur). Mais l’innovation est réelle : pour arriver à une telle capacité, le drone a été conçu par fabrication additive (impression 3D) de manière à pouvoir disposer d’un squelette en composite capable de résister aux immenses pressions rencontrées, tout en restant suffisamment léger pour permettre à l’engin de voler. Ses quatre moteurs électriques ont quant à eux subi un traitement de surface à partir d’une substance hydrophobe « du commerce ». Enfin, les éléments les plus sensibles ont été mis à l’abri dans un caisson étanche.

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Le CRACUNS est donc non seulement capable de résister à l’eau, mais également de remplir une mission avec un fonctionnement nominal de l’ensemble de ses composants.

L’idée n’est pas nouvelle : la DARPA (oui, encore elle) a en effet lancé en 2013 le programme Upward Falling Payloads (UFP), dont le sujet est le largage, plusieurs années en amont, d’effecteurs capables de séjourner sur le plancher océanique afin de surprendre l’adversaire. Parmi les effecteurs envisagés : des brouilleurs de guerre électronique, des armes non létales ou encore des stroboscopes lasers et bien évidemment, des drones de renseignement, ou permettant d’établir des réseaux de communication ad hoc.

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Le système UFP est ainsi construit à base d’une charge utile, d’un module appelé « riser » ayant pour fonction de faire remonter la charge à la surface de l’océan, et d’un module de communication capable de recevoir le signal lui ordonnant le lancement. Vous trouverez plus d’informations sur ce programme en suivant ce lien.

Quant au CRACUNS (le nom est quand même un peu spécial), il s’agit pour l’instant d’un prototype. A priori, ses créateurs laissent entendre que sa réalisation ne serait pas coûteuse, notamment en raison de l’emploi de technologies de fabrication additive. Une nécessité, car si l’engin est capable de décoller, il n’est pour l’instant pas capable de replonger vers sa base et est donc « à usage unique ». Enfin, si vous m’autorisez un peu de mauvais esprit (quoique) ce concept a un autre avantage: on peut envisager de déployer les systèmes très en amont d’éventuelles coupes budgétaires! Une nouvelle manière d’envisager la surprise stratégique…

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Je sais bien, cela fait beaucoup d’articles où l’on parle de DARPA et de drones. Mais cela reflète également les tendances actuelles du marché, et les recherches entreprises en innovation technologique de défense.

En l’occurrence, je souhaitais donner un éclairage rapide sur le programme FLA de la DARPA. FLA signifie Fast Lightweight Autonomy (autonomie, vitesse et légèreté). Il s’agit en l’occurrence d’un programme…logiciel, dont l’objectif est d’exploiter pleinement la puissance des plateformes de drones grand public pour les amener à réduire leur consommation en énergie, et à optimiser leur contrôle en diminuant le besoin en télécommunications et en intervention humaine.

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L’idée est ainsi de développer des algorithmes permettant de réaliser une perception automatique rapide de l’environnement, et d’adapter des méthodes de contrôle/commande pour, in fine, permettre à ces drones de se déplacer à leur vitesse maximale théorique dans des environnement complexes, changeants et encombrés.

Les drones ainsi modifiés doivent pouvoir effectuer des missions à haute vitesse, avec une charge utile (senseurs, caméras), sans communiquer avec leur opérateur, et sans utiliser de GPS. Une véritable autonomie en temps réel, donc.

La plate-forme utilisée pour les tests est le célèbre drone de loisir DJI Flamewheel avec le chassis 450 ARF, un kit de propulsion E600 (4 moteurs/ESC, 4 paires d’hélices), et un contrôleur de vol 3DR Pixhawk. Soit un système que l’on peut se procurer dans le commerce pour un prix global d’environ 500 EUR (sans le montage).

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Les chercheurs de la DARPA ont ainsi réalisé une première démonstration dans un hangar de l Otis Air National Guard Base, à Cape Cod dans le Massachusetts. Le drone emportait une charge utile complète et autonome, comprenant des senseurs comme des caméras haute définition et un LIDAR, et a réussi à voler à 20m/s (soit 72km/h). La difficulté est de développer des algorithmes efficaces avec une puissance de calcul embarquée autonome très limitée.

Vous pouvez voir ce très impressionnant test dans la video ci-dessous (y compris les nombreux accidents qui ont émaillé ce test).

Soyons clairs : le drone n’arrive pas encore à voler à 20m/s en évitant tous les obstacles dans son environnement. Toutefois, il n’y a aucune raison que cet objectif ne puisse pas être atteint dans les futures phases du programme. L’objectif est de pouvoir réaliser des missions de surveillance rapide dans des environnements complexes (théâtre d’opération, catastrophe naturelle) là où aucune téléopération n’est possible car trop dangereuses pour les opérateurs (dans une ville rendue instable par un tremblement de terre par exemple).

Une dernière question : les drones ainsi « boostés » arriveront-ils à éviter leur capture par les aigles ? (si, si, il y a bien un programme de la police néerlandaise qui vise à entraîner des rapaces afin qu’ils puissent capturer des drones en plein vol. La preuve en image ci-dessous…) On n’arrête pas le progrès.

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iRobot, tout le monde connait – en particulier par son robot aspirateur Roomba autonome, l’un des meilleurs modèles du marché, et un précurseur dans son domaine. Mais iRobot, c’est moins connu, c’est également une société de robotique militaire. C’est cette dernière activité qui vient d’être cédée au groupe Arlington Capital Partners, pour 45 millions de $.

La division militaire d’iRobot développe des robots d’exploration comme le 110 FirstLook (voir ci-dessous), un robot de reconnaissance léger, robuste, capable d’effectuer des missions de reconnaissance NRBC, de vérification de véhicule ou d’exploration d’un environnement rendu complexe par la présence de fumées, ou de débris.

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A l’autre extrémité du spectre, on peut également citer le robot 710 Kobra, capable de grimper des escaliers et de réaliser des missions de déminage sur tout terrain, par tous les temps. Ces robots sont fondés sur un socle commun : deux chenilles, une plate-forme capable d’héberger différentes charges utiles, et un second couple de chenilles (amovibles) sur l’avant, permettant de monter des escaliers ou d’escalader des obstacles.

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La cession de sa division militaire a pour objectif de permettre à iRobot de se consacrer totalement au domaine de la robotique grand public. La nouvelle société issue de l’opération et détenue à 100% par des capitaux privés sera donc totalement dédiée au monde de la défense et de la sécurité. Son directeur général sera Sean Bielat, un ancien officier des US Marines.

Cette annonce a au moins le mérite de clarifier les intentions de la société dans le domaine de la robotique militaire. D’autres entités, comme Boston Dynamics, ont des stratégies moins claires : rachetée par Google en décembre 2013, cette dernière société, créatrice de robots célèbres comme « Alpha Dog » ou « Cheetah »  n’a toujours pas précisé sa stratégie dans le monde de la défense. Malgré les intentions de Google de « stopper tout développement de Boston Dynamics dans le militaire » (une posture dictée par une volonté d’affichage vers le grand public), les contrats de développement avec le DoD américain se poursuivent. Et l’on ne compte plus les sociétés de robotique achetées par Google (aujourd’hui Alphabet) : Meka, Redwood Robotics, Schaft, Industrial Perception, … sans compter ses développements dans les véhicules autonomes.

Mais le débat sur Google et la robotique est biaisé par les SALA (systèmes d’armes létaux autonomes), un concept qui pollue en fait la totalité du débat sur la robotique militaire. Il suffit de regarder les activités de iRobot, de Nexter Robotics ou de Tecdron pour constater que la robotique militaire, c’est aujourd’hui autre chose que des systèmes d’armes. Bon, même si iRobot avait déjà fait des essais d’armement de son robot 710 avec le concours de Metal Storm.

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Compte tenu de l’historique dans le domaine, nul doute que la DARPA constituera une source de financement importante pour la nouvelle société issue d’iRobot. Car les défis sont loin d’être résolus aujourd’hui : un robot a encore du mal à ouvrir une porte ou évoluer de manière complètement autonome dans un environnement non structuré, complexe et changeant.

Le nom de la nouvelle société sera révélé à l’issue de la transaction, dont la phase légale doit encore durer 90 jours.

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Il ne s’agit pas de systèmes d’armes létaux autonomes, car sont supposés être contrôlés en permanence par un humain, mais quand même… Le programme Lethal Miniature Aerial Munition System ou LMAMS vise à développer des munitions intelligentes – un nom sibyllin pour désigner des drones armés portables.

La société américaine Aerovironment a ainsi développé et déployé le Switchblade, un mini-drone portable armé. Transportable dans un sac à dos car il ne pèse que 2,5 kg, le drone est tiré à partir d’un tube. Une fois éjecté, ses ailes se déploient, et il commence un vol qui peut durer jusqu’à 10 minutes, dans un rayon de 10km. Capable d’envoyer des images dans les spectres visible et infrarouge à l’opérateur qui le contrôle, il est aussi capable de fondre à 150 km/h sur sa proie… en activant une tête militaire capable de neutraliser un camion. Un drone kamikaze, en quelque sorte… Il peut également être programmé pour percuter une cible prédéfinie.

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Cela est peu connu, mais 4000 de ces drones ont déjà été déployés en Afghanistan par la 3e division d’infanterie américaine. Et les fantassins sont plutôt conquis par le concept. Vous pouvez le voir en action sur ce film.

Evidemment, des questions se posent par exemple sur la vulnérabilité au piratage ou au brouillage de ces drones (la société Aerovironment ne souhaite pas communiquer à ce sujet). Et il vaut mieux ne pas imaginer de tels systèmes entre de mauvaises mains. D’autant que le Switchblade n’est pas le seul engin de ce type. Ainsi, la société Textron, avec le Battlehawk (ci-dessous), la société Israélienne uVIsion avec le Hero30 ou encore Lockheed Martin, avec le Terminator ( !) sont également en lice pour le programme LMAMS.

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Pour ce dernier, les spécifications sont exigeantes : le système doit être piloté à partir d’une station opérable de jour comme de nuit, fournir de la vidéo et des moyens de contrôle en temps réel. L’opérateur doit pouvoir sélectionner les cibles visuellement, par géolocalisation, pouvoir armer ou désarmer le système. Ce dernier doit être capable d’interrompre sa mission et de revenir seul à son point de lancement. Le système doit pouvoir opérer de manière semi-autonome, manuelle, ou… autonome (un mot dangereux car extrêmement vague, dès lors que l’on parle de systèmes d’armes létaux : en l’occurrence, il est bien précisé que c’est l’opérateur qui commande la détonation de la charge militaire).

Ce sont donc tous des drones professionnels haut de gamme. Mais dans ce blog, je parlais récemment du drone DISCO de Parrot qui pourrait être équipé de capacités analogues (si l’on élimine le besoin d’une optronique performante). Et donc représenter une menace en cas de détournement… D’ailleurs, la photo suivante montre un drone Skywalker X9 civil, militarisé par Daech, et transformé en IED (heureusement abattu par les forces kurdes).

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Une nouvelle menace à prendre en compte dans cette course à la technologie aujourd’hui ouverte à tous les participants.

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La problématique de la détection et de la neutralisation de drones aériens volant dans des zones interdites est plus que jamais prégnante, notamment en raison de l’accroissement des menaces terroristes, et de la démocratisation de drones hautes performances accessibles à chacun – à ce sujet, je vous conseille de regarder Disco, la nouvelle aile volante développée et commercialisée par le fabricant français Parrot. Avec une autonomie de 45 min et une vitesse de pointe de 80 km/h, mieux vaut ne pas imaginer son détournement à des fins hostiles…

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Plusieurs solutions pour détecter et surtout neutraliser les drones existent et sont en cours de déploiement : elles vont de l’utilisation de carabines 22 long rifle (si, si) à l’emploi de lasers en passant par le piratage de la liaison entre le drone et sa station de contrôle. A titre d’exemple, on peut citer le Drone Defender développé par la société Batelle, un « fusil » permettant de diriger des ondes radio pour brouiller un drone d’observation et provoquer sa chute (photo ci-dessous).

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Mais l’approche développée par l’université de technologie du Michigan est pour le moins originale.

Les concepteurs l’ont appelé « Robotic Falcon », et c’est le premier drone prédateur de drones. L’idée consiste en effet à envoyer un drone muni d’un filet de capture, afin d’intercepter tout engin menaçant. L’approche, originale, voit les choses en grand puisqu’un immense filet est attaché à un drone intercepteur. Lorsqu’un intrus est détecté, l’intercepteur s’approche, et envoie son filet (qui reste relié au drone) à une distance de 12m de l’objectif – ce dernier est alors capturé, et ramené au sol.

La manœuvre est visible sur cette vidéo :

Cette approche, bien que rustique, est assez efficace, puisqu’elle permet en premier lieu de ramener le drone à des fins d’examen. Elle a également l’avantage de ne pas le faire chuter au-dessus de la zone sensible, ce qui pourrait s’avérer dramatique dans le cas où le drone suspect s’avère porter des explosifs. Enfin, cette approche simple semble également peu coûteuse – les concepteurs (dont le Pr Mo Rastgaar, à l’origine un spécialiste de la robotisation de prothèses de hanche) ont donc effectué un dépôt de brevet. Reste ensuite à voir les limites du procédé, en particulier dans le domaine de l’interception de drones rapides. A quand une aile volante pour capturer les ailes volantes?

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Nous avons déjà abondamment parlé dans ce blog des questions liées au développement de la robotique militaire et en particulier de la robotique de théâtre. Aux aspects éthiques et à la doctrine d’emploi s’ajoute aujourd’hui un nouveau défi : se débarrasser du bruit infernal de ces nouvelles machines.

Vous avez en effet sans doute déjà aperçu la machine développée par Boston Dynamics, société rachetée en 2013 par Google (aujourd’hui Alphabet), et destinée à alléger le combattant, en assurant le transport du matériel lourd, des équipements de communication, de la nourriture et de l’eau. Baptisée AlphaDog mais répondant au nom officiel de LS3 pour Legged Squad Support System, la bestiole a été successivement connue sous le nom de Mule et de Big Dog.

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Après un programme de 32 millions de $ (si, si), une expérimentation grandeur nature dans le cadre des exercices Pacific Rim, les US Marines viennent d’annoncer leur décision de ne pas mettre AlphaDog en service. La raison : le bruit !

Car le robot est motorisé par un moteur à deux temps à un cylindre, d’une puissance de 15 ch et tournant à 9 000 tours par minute. Et il fait le bruit d’une tondeuse à gazon : un sérieux souci dans un contexte opérationnel réel, comme celui d’une patrouille, ou d’une reconnaissance avancée. En gros, l’ennemi n’a plus besoin de positionner des sentinelles : il entend la patrouille arriver à 1km. Pas vraiment discret…

Alphabet a essayé de résoudre le problème en réalisant une nouvelle version du robot, baptisée SPOT, et dotée d’un moteur électrique. Si ce dernier a effectivement permis de réduire le niveau de bruit, il a divisé la capacité d’emport par 10, et a généré des problèmes insolubles d’autonomie, et de pilotage (une négation en soi du concept de robot autonome).

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Le fondateur de Boston Dynamics, Marc Raibert, a vertement répliqué en affirmant que le projet LS3 était avant tout un projet de recherche, et qu’il avait permis de lever un certain nombre de risques technologiques, liés à l’emploi d’un robot autonome quadrupède en environnement réel. En ce sens, il a raison : les prochaines générations pourront effectivement se reposer sur les résultats de ce programme. D’ailleurs, Alpha Dog est bien plus silencieux que ses prédécesseurs.

Il reste néanmoins vrai que le silence devra, en plus de l’autonomie et des capacités, être mis au premier plan des critères opérationnels pertinents pour le développement d’une réelle robotique de théâtre. Sans doute ce critère inspirera-t’il les concepteurs des défis du prochain DARPA Robotics Challenge…

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Utiliser la télévision pour parfaire son image, c’est bien…à condition de se rappeler que les caméras filment tout, y compris ce qui n’aurait pas dû l’être. A Sotchi, durant une réunion filmée par la télévision russe, un officiel aurait accidentellement montré à la caméra un document présentant un nouveau concept de torpille sous-marine nucléaire baptisé « Status-6 ». La vidéo ci-dessous montre le reportage dont l’image en tête de cet article est extraite :

Selon le document, le système Status-6  «Ocean Multipurpose System » est un système d’armes sous-marin autonome et robotisé, conçu pour déjouer les sonars de l’OTAN, avec un rayon d’action de 10 000 km, et capable d’évoluer à 1000m de profondeur à une vitesse de 185 km/h. Ces informations sont cohérentes avec des informations déjà divulguées par le journal Rossiiskaya Gazeta, qui spéculait sur le développement d’une arme radioactive porteuse d’une tête militaire de 100 mégatonnes à base de Cobalt 59.

Le but serait d’être capable soit d’anéantir une force ennemie, soit de causer des dommages catastrophiques à une région côtière, par irradiation massive. Le système aurait été développé par le bureau d’études Rubin, de Saint-Petersbourg, l’un des centres principaux de conception des sous-marins russes, et notamment responsable de la conception de la nouvelle classe de SNLE russes, la classe Borey – ci-dessous, le site de Rubin (http://ckb-rubin.ru/en/main/)

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Une telle torpille serait, le cas échéant, lancée à partir des sous-marins de classe Belgorod ou Khabarovsk. Toutefois, le chiffre de 100 mégatonnes est terrifiant, puisque la bombe nucléaire la plus puissante jamais conçue et expérimentée était la célèbre « Tsar Bomba » de plus de 50 mégatonnes (voir ci-dessous). Imaginer une arme de 100 mégatonnes sous-marine, c’est imaginer, au-delà de la chaleur et de l’irradiation, un tsunami massif de 500m de haut, qui pourrait d’ailleurs également toucher les côtes de l’expéditeur.

Donc info ou intox ? Cela fait longtemps que le président Vladimir Poutine annonce que, sans vouloir rentrer dans une nouvelle course aux armements (!), il « se doit » de développer une arme en réponse au bouclier anti-missile de l’OTAN, notamment dans sa composante Aegis Ballistic Missile Defence (BMD). On peut ainsi imaginer que le concept ait été volontairement « fuité » aux média, pour soutenir le discours officiel, que l’information soit vraie ou non. Espérons en tout cas qu’une telle arme ne voie jamais le jour, car ses effets dépasseraient le pire cauchemar nucléaire que l’on puisse faire… Une image quelque peu dissuasive, et donc peut-être pas si fortuite que cela.

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Bon, effectivement, le titre est un peu bizarre. En l’occurrence, il correspond bien à l’engin présenté il y a quelques jours lors du show AUSA (Association of the United States Army Annual Meeting and Exposition)​ : un fusil, mais en fait non.

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Il s’agit en fait d’un outil combinant une antenne wi-fi avec un processeur Raspberry Pi. Pour mémoire, rappelons que le Raspberry Pi est un ordinateur low cost de la taille d’une carte de crédit. Le modèle Pi2B comporte 1Go de mémoire vive, un processeur ARMv7 4 cœurs d’une fréquence de 900Mhz, 4 ports USB et supporte Windows 10 tout cela pour la somme de… 35 EUR. Tout ceci pour information…il faut bien avouer que cela donne des idées.

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En l’occurrence, les idées sont celles de l’ US Army Cyber Institute qui a démontré l’outil au dernier show AUSA (Association of the United States Army Annual Meeting and Exposition)​. Son application : exploiter une faille de sécurité dans un drone quadrirotor Parrot, pour « l’abattre ». Ce n’est donc pas un véritable fusil, malgré son facteur de forme, mais une « cyber-arme » destinée à illustrer des capacités tactiques de soutien électronique à une mission.

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L’engin a été construit en une dizaine d’heures (et ça se voit…), pour un coût d’environ 150$, et a montré son efficacité à la fois dans l’interception de drones grand public, et dans l’ouverture d’un coffre électronique, à distance.

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Bon, ils ne remporteront pas le prix du design, mais le concept est innovant et intéressant ; il illustre également, malheureusement, la vulnérabilité des systèmes électroniques à des attaques ciblées rendues possibles par le rapport coût/puissance des processeurs actuels. La preuve : à la « black hat conference » annuelle, évènement de référence, certes un peu sulfureux, mais rassemblant les hackers de tous pays, les chercheurs Runa Sandvik et  ont montré ce qui arrive lorsqu’en combinant une antenne wi-fi et un ordinateur, on peut pirater un fusil « intelligent » comme les modèles à 13 000$ développés par la société TrackingPoint.

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De quoi parle t’on ? D’un fusil TP750 comme le modèle ci-dessus, comportant un processeur embarqué sous Linux, et, il faut le dire, assez incroyable. Une fois que l’utilisateur a rentré les paramètres comme le vent, la température, le type et le poids de la munition, il vise la cible, appuie sur la détente…et le fusil décide quand il doit tirer. Même à un km de distance, un débutant touche la cible.

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Les deux chercheurs ont détecté (après avoir acheté un tel fusil et réalisé la rétroingéniérie du code) que le système possédait des vulnérabilités. Le résultat ? En réalisant un cyberfusil analogue à celui développé par l’US Army Cyber Institute, ils ont fait « croire » au fusil qu’il était connecté à un serveur, et ont réussi, à distance, à en prendre le contrôle.

Le résultat fait froid dans le dos : ci-dessous, le tireur vise la cible à droite. A un moment donné, les hackers en prennent le contrôle et le fusil tire pile… dans la cible de gauche (et au centre, s’il vous plaît). Ils sont même allés jusqu’à prendre le contrôle total (« root ») du fusil, avec la possibilité d’empêcher tout tir.

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Tout cela illustre bien la course à la technologie, et à l’armement. Peut-être doit-on, au lieu de penser à ce qui pourrait se passer si une Intelligence Artificielle de haut niveau permettait à des robots maléfiques armés de conquérir le monde (voir mon article ici), se poser d’abord la question de protéger suffisamment les armes technologiques. Car un drone, armé ou non, pour un hacker, c’est avant tout un ordinateur qui vole. Un peu comme un canard pour un chasseur aguerri.

 

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Lors du dernier salon AUSA (Association of the United States Army), la société Neany Inc a dévoilé un nouveau drone naval baptisé DragonSpy. Armé d’une arme automatique ARES 7.62, il repose sur une plateforme hybride diesel ou essence/électrique ; le prototype présenté lors d’AUSA était à propulsion uniquement électrique. L’arme repose sur un affut TRAP T360, développé par la société Precision Remote, une référence dans le domaine des armes automatiques autonomes et téléopérées (photo ci-dessous).

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L’engin de 3m40 est doté de capteurs et de capacités ISR (intelligence, surveillance, reconnaissance) dont une caméra i2Tech i200L et peut s’intégrer dans un système de drones aériens, tel le drone ARROW développé par Neany Inc., pour augmenter ses capacités de reconnaissance. Il possède également un système de ciblage et d’interception de cibles automatique, ce qui ne manquera pas de déclencher l’ire des adversaires du recours aux SALA (systèmes d’armes létaux autonomes). Le système d’armes du DragonSpy a été testé avec succès en conditions opérationnelles, annonce la société.

L’engin est capable de fonctionner dans moins de 50 cm d’eau, et possède une vitesse de pointe de dix nœuds – le prototype dévoilé à AUSA est capable quant à lui de maintenir pendant 3h une vitesse de six nœuds en propulsion électrique. Reste encore à savoir comment se comporte la plate-forme dans des rapides ou des eaux agitées.

Ce n’est bien évidemment pas le premier (ni le dernier !) drone naval autonome ; a titre d’exemple, voici le système CARACaS (Control Architecture for Robotic Agent Command and Sensing) développé par l’ONR (Office of Naval Research) américain, et capable de contrôler un essaim de drones navals. La vidéo est assez impressionnante :

Dans le cas de DragonSpy, l’emploi est assez équivalent, mais la plate-forme, plus compacte, permet de patrouiller dans des eaux peu profondes. Une version future pourrait même incorporer une plate-forme pour un drone quadricoptère embarqué (on la voit d’ailleurs dans la photo ci-dessous prise lors d’AUSA et qui montre le nouvel aspect du DragonSpy).

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La société envisage de généraliser le concept sur plusieurs types de plateformes navales. Le DragonSpy quant à lui serait utilisé pour des missions de patrouille et d’interdiction de zones (frontières, centrales nucléaires ou autres zones sensibles).