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Il ne s’agit pas de systèmes d’armes létaux autonomes, car sont supposés être contrôlés en permanence par un humain, mais quand même… Le programme Lethal Miniature Aerial Munition System ou LMAMS vise à développer des munitions intelligentes – un nom sibyllin pour désigner des drones armés portables.

La société américaine Aerovironment a ainsi développé et déployé le Switchblade, un mini-drone portable armé. Transportable dans un sac à dos car il ne pèse que 2,5 kg, le drone est tiré à partir d’un tube. Une fois éjecté, ses ailes se déploient, et il commence un vol qui peut durer jusqu’à 10 minutes, dans un rayon de 10km. Capable d’envoyer des images dans les spectres visible et infrarouge à l’opérateur qui le contrôle, il est aussi capable de fondre à 150 km/h sur sa proie… en activant une tête militaire capable de neutraliser un camion. Un drone kamikaze, en quelque sorte… Il peut également être programmé pour percuter une cible prédéfinie.

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Cela est peu connu, mais 4000 de ces drones ont déjà été déployés en Afghanistan par la 3e division d’infanterie américaine. Et les fantassins sont plutôt conquis par le concept. Vous pouvez le voir en action sur ce film.

Evidemment, des questions se posent par exemple sur la vulnérabilité au piratage ou au brouillage de ces drones (la société Aerovironment ne souhaite pas communiquer à ce sujet). Et il vaut mieux ne pas imaginer de tels systèmes entre de mauvaises mains. D’autant que le Switchblade n’est pas le seul engin de ce type. Ainsi, la société Textron, avec le Battlehawk (ci-dessous), la société Israélienne uVIsion avec le Hero30 ou encore Lockheed Martin, avec le Terminator ( !) sont également en lice pour le programme LMAMS.

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Pour ce dernier, les spécifications sont exigeantes : le système doit être piloté à partir d’une station opérable de jour comme de nuit, fournir de la vidéo et des moyens de contrôle en temps réel. L’opérateur doit pouvoir sélectionner les cibles visuellement, par géolocalisation, pouvoir armer ou désarmer le système. Ce dernier doit être capable d’interrompre sa mission et de revenir seul à son point de lancement. Le système doit pouvoir opérer de manière semi-autonome, manuelle, ou… autonome (un mot dangereux car extrêmement vague, dès lors que l’on parle de systèmes d’armes létaux : en l’occurrence, il est bien précisé que c’est l’opérateur qui commande la détonation de la charge militaire).

Ce sont donc tous des drones professionnels haut de gamme. Mais dans ce blog, je parlais récemment du drone DISCO de Parrot qui pourrait être équipé de capacités analogues (si l’on élimine le besoin d’une optronique performante). Et donc représenter une menace en cas de détournement… D’ailleurs, la photo suivante montre un drone Skywalker X9 civil, militarisé par Daech, et transformé en IED (heureusement abattu par les forces kurdes).

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Une nouvelle menace à prendre en compte dans cette course à la technologie aujourd’hui ouverte à tous les participants.

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La problématique de la détection et de la neutralisation de drones aériens volant dans des zones interdites est plus que jamais prégnante, notamment en raison de l’accroissement des menaces terroristes, et de la démocratisation de drones hautes performances accessibles à chacun – à ce sujet, je vous conseille de regarder Disco, la nouvelle aile volante développée et commercialisée par le fabricant français Parrot. Avec une autonomie de 45 min et une vitesse de pointe de 80 km/h, mieux vaut ne pas imaginer son détournement à des fins hostiles…

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Plusieurs solutions pour détecter et surtout neutraliser les drones existent et sont en cours de déploiement : elles vont de l’utilisation de carabines 22 long rifle (si, si) à l’emploi de lasers en passant par le piratage de la liaison entre le drone et sa station de contrôle. A titre d’exemple, on peut citer le Drone Defender développé par la société Batelle, un « fusil » permettant de diriger des ondes radio pour brouiller un drone d’observation et provoquer sa chute (photo ci-dessous).

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Mais l’approche développée par l’université de technologie du Michigan est pour le moins originale.

Les concepteurs l’ont appelé « Robotic Falcon », et c’est le premier drone prédateur de drones. L’idée consiste en effet à envoyer un drone muni d’un filet de capture, afin d’intercepter tout engin menaçant. L’approche, originale, voit les choses en grand puisqu’un immense filet est attaché à un drone intercepteur. Lorsqu’un intrus est détecté, l’intercepteur s’approche, et envoie son filet (qui reste relié au drone) à une distance de 12m de l’objectif – ce dernier est alors capturé, et ramené au sol.

La manœuvre est visible sur cette vidéo :

Cette approche, bien que rustique, est assez efficace, puisqu’elle permet en premier lieu de ramener le drone à des fins d’examen. Elle a également l’avantage de ne pas le faire chuter au-dessus de la zone sensible, ce qui pourrait s’avérer dramatique dans le cas où le drone suspect s’avère porter des explosifs. Enfin, cette approche simple semble également peu coûteuse – les concepteurs (dont le Pr Mo Rastgaar, à l’origine un spécialiste de la robotisation de prothèses de hanche) ont donc effectué un dépôt de brevet. Reste ensuite à voir les limites du procédé, en particulier dans le domaine de l’interception de drones rapides. A quand une aile volante pour capturer les ailes volantes?