Des drones armés, létaux… et portables

Publié: 18 janvier 2016 dans Aéronautique, Contre-terrorisme, Munitions, Non classé, robotique, Systèmes d'armes
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Il ne s’agit pas de systèmes d’armes létaux autonomes, car sont supposés être contrôlés en permanence par un humain, mais quand même… Le programme Lethal Miniature Aerial Munition System ou LMAMS vise à développer des munitions intelligentes – un nom sibyllin pour désigner des drones armés portables.

La société américaine Aerovironment a ainsi développé et déployé le Switchblade, un mini-drone portable armé. Transportable dans un sac à dos car il ne pèse que 2,5 kg, le drone est tiré à partir d’un tube. Une fois éjecté, ses ailes se déploient, et il commence un vol qui peut durer jusqu’à 10 minutes, dans un rayon de 10km. Capable d’envoyer des images dans les spectres visible et infrarouge à l’opérateur qui le contrôle, il est aussi capable de fondre à 150 km/h sur sa proie… en activant une tête militaire capable de neutraliser un camion. Un drone kamikaze, en quelque sorte… Il peut également être programmé pour percuter une cible prédéfinie.

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Cela est peu connu, mais 4000 de ces drones ont déjà été déployés en Afghanistan par la 3e division d’infanterie américaine. Et les fantassins sont plutôt conquis par le concept. Vous pouvez le voir en action sur ce film.

Evidemment, des questions se posent par exemple sur la vulnérabilité au piratage ou au brouillage de ces drones (la société Aerovironment ne souhaite pas communiquer à ce sujet). Et il vaut mieux ne pas imaginer de tels systèmes entre de mauvaises mains. D’autant que le Switchblade n’est pas le seul engin de ce type. Ainsi, la société Textron, avec le Battlehawk (ci-dessous), la société Israélienne uVIsion avec le Hero30 ou encore Lockheed Martin, avec le Terminator ( !) sont également en lice pour le programme LMAMS.

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Pour ce dernier, les spécifications sont exigeantes : le système doit être piloté à partir d’une station opérable de jour comme de nuit, fournir de la vidéo et des moyens de contrôle en temps réel. L’opérateur doit pouvoir sélectionner les cibles visuellement, par géolocalisation, pouvoir armer ou désarmer le système. Ce dernier doit être capable d’interrompre sa mission et de revenir seul à son point de lancement. Le système doit pouvoir opérer de manière semi-autonome, manuelle, ou… autonome (un mot dangereux car extrêmement vague, dès lors que l’on parle de systèmes d’armes létaux : en l’occurrence, il est bien précisé que c’est l’opérateur qui commande la détonation de la charge militaire).

Ce sont donc tous des drones professionnels haut de gamme. Mais dans ce blog, je parlais récemment du drone DISCO de Parrot qui pourrait être équipé de capacités analogues (si l’on élimine le besoin d’une optronique performante). Et donc représenter une menace en cas de détournement… D’ailleurs, la photo suivante montre un drone Skywalker X9 civil, militarisé par Daech, et transformé en IED (heureusement abattu par les forces kurdes).

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Une nouvelle menace à prendre en compte dans cette course à la technologie aujourd’hui ouverte à tous les participants.

commentaires
  1. david dit :

    Bonjour,
    le terme de drone est souvent utilisé à tort ou à raison lorsque l’on parle d’aéronefs télépilotés (sans pilote), hors il convient de rappeler que dans le concept d’emploi des drones ceux-ci sont récupérables et réutilisables, le terme adéquat dans ce cas précis est celui de « loitering munition » ou munitions rodeuses.
    Même le système de drone Orbiter 1K de l’israelien AERONAUTICS qui pourtant est le seul système récupérable est présenté par son constructeur avec l’appellation de loitering munition
    il s’agit certes d’un détail sémantique mais certains abus de langage tendent à ternir l’image des drones.

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  2. […] Source: Blog VMF 214. Lire l’article dan son intégralité ici. […]

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    • Bonjour
      Je ne l’avais juste pas vu, car je reçois pas mal de spam. Le voici publié.
      Je suis d’accord avec vous sur l’appellation – d’ailleurs je retiens le terme de munitions rodeuses, car je ne trouvais pas de traduction. Quant à la stigmatisation des drones, je ne peux qu’approuver : voir mon article

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  3. david dit :

    Je reposte mon commentaire en esperant que ce coup-ci il soit publié.
    Attention de ne pas tout mélanger, on ne doit pas désigner sous l’appelation de drone ce type d’engin car dans le concept d’emploi des drones ceux-ci sont récupérables et réutilisables.
    Dans ce cas précis, le terme de loitering munition (munitions rodeuses) est plus pertinant.
    La stigmatisation des drones va bon train en ce moment (les méchants aéronefs sans pilote qui tuent d’innocentes victimes….) il convient donc d’utiliser les bons termes.

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