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Ce qui est bien avec nos amis américains, c’est que toute l’inspiration déjantée produite par Hollywood devient tôt ou tard source d’inspiration pour des systèmes réels. Vous vous souvenez de l’Hoverbike, ou moto volante, vue dans la saga Star Wars ? La société SURVICE Engineering du Maryland et Malloy Aeronautics, dirigée par l’Australien  (basé en Angleterre) Chris Malloy sont en train d’en développer une version capable de transporter 2 personnes à 3m au-dessus du sol (ou de l’eau), à environ 100 km/h. In fine, l’US army, qui a signé un contrat il y a 10 mois avec les deux sociétés, souhaite que le système puisse emporter jusqu’à 350 kg de charge utile.

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Le véhicule, une « moto » avec des hélices horizontales carénées, pèse environ 100 kg, et peut porter une charge utile de 270kg, avec un moteur bi-cylindres de chez BMW. Le châssis de 3m de long et 1,3m de large en fibre de carbone est renforcé au Kevlar. Le véhicule fonctionne avec des hélices contrarotatives, à la manière d’un hélicoptère Chinook. En revanche, pas de capacité d’autorotation en cas de problème. Le constructeur envisage de doter le véhicule de parachutes se déclenchant en cas d’urgence.

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Aujourd’hui, le prototype commercial devrait coûter environ 40 000$ –  le prix de la version militarisée n’est pas connu. Le pilote restera une option : l’US Army souhaite la capacité de droniser l’appareil. C’est d’ailleurs de cette manière que la société s’était fait connaître, par le financement d’une version miniature et dronisée de son véhicule sur la plate-forme Kickstarter. Voir le site du projet : http://www.hover-bike.com/MA/

Le futur véhicule sera contrôlé par des gyroscopes pour une « direction assistée » – il sera considéré comme un véhicule ultra-léger motorisé, sans nécessité de disposer de licence de pilotage.

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Image  —  Publié: 29 juin 2015 dans Non classé

Pour se détendre, et sans trop de commentaires, l’image parlant d’elle même, voici un cliché assez hallucinant montrant la condensation accompagnant le passage du mur du son d’un F22 Raptor, lorsque l’atmosphère est humide. Enjoy…

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The Microsoft Windows XP log-in screen is displayed on a lap

Oui, je sais bien que c’est un blog sur l’innovation technologique de défense. Mais parfois, l’innovation, ou simplement la modernité, n’est pas un luxe mais une nécessité. Alors que de nombreuses innovations proviennent des Etats-Unis, on apprend aujourd’hui que l’US Navy (pas la moindre des marines nationales) paie plus de 31 millions de $… pour conserver le support Microsoft à Windows XP.

L’US Navy – en fait le United States Navy’s Space and Naval Warfare Systems Command (SPAWAR) – a en effet demandé à maintenir ce support (et les patchs de sécurité correspondants) jusqu’en 2017. Or le support de Windows XP a officiellement pris fin chez Microsoft en 2014. Le souci : de nombreuses applications nécessitent des upgrades, des modernisations. Tant que cette phase n’est pas achevée, la Navy n’a d’autre choix que de payer. Mais ce n’est pas la seule ! 15% des PC mondiaux tourne encore sur cet OS…ainsi que la majorité des distributeurs de billets.

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Une faille considérable compte tenu de la vulnérabilité du système, et de la réalité de la cybercriminalité. Si l’on revient à l’US Navy, on parle de 9 millions de $ par an, et de plus de 100 000 PC concernés. Le support concerne aussi Exchange 2003, Server 2003 et Office 2003. La directive de l’Amirauté s’appelle Windows XP Eradication Efforts. Elle peut être consultée ici.

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Mais ramenons les choses dans leur contexte : 31 millions de $, c’est toujours moins que les dépenses de la marine américaine en papier toilette. Maintenant, quid de nos armées ? A l’heure où les Etats-majors déménagent à Balard (et ses bureaux rivetés – je n’oserais pas dire boulonnés – au sol), sommes-nous certains de la modernité des OS des machines utilisées par nos ingénieurs, officiers et soldats ? Et si la lutte contre la cybercriminalité et le cyberterrorisme est aujourd’hui une priorité, peut-être peut-on poser le problème en toute ingénuité.

Je ne fais que poser la question…bien sûr…

 

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Non, ce n’est pas une plaisanterie. Le célèbre avion F35 dont le développement fait couler beaucoup d’encre, tant en termes de technologies que de budget, vient de décoller d’un tremplin, modèle « saut à ski », installé sur la base d’essais de la Naval Air Station à Patuxent River.

On rappelle que le F35B est un avion dit STOVL pour « short take-off and vertical-landing ». C’est-à-dire qu’il est capable de décoller sur des surfaces très courtes, et sa tuyère orientable couplée au système de propulsion LiftFan® de Rolls Royce lui permet d’atterrir verticalement à la manière d’un Harrier.

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Le programme est controversé, en raison d’une part de son coût (1.5 trillions de dollars ( !) sur 55 ans de durée de programme – aujourd’hui, la facture s’élève déjà à 391,1 milliards de dollars) et d’autre part de problèmes techniques répétés. Ainsi, on peut citer les défaillances logicielles de l’Automatic Logistics Information System (ALIS), les défauts de navigation, du siège éjectable, du système de distribution de l’oxygène ou encore… l’impossibilité d’utiliser du fuel aéronautique si ce dernier provient d’un camion qui a été stocké au soleil (si, si).

Mais pourquoi faire un « saut à ski » ? En réalité, pour tester les capacités de l’appareil à décoller d’un porte-avion italien ou anglais (en l’espèce le HMS Queen Elizabeth, en cours de construction). Ces porte-avions, pour maximiser leur capacité d’emport, pourront être équipés d’un tel tremplin, à condition bien évidemment que les avions aient la capacité STOVL. Ci-dessous, une vue d’un harrier décollant à partir d’une rampe.

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Les anglais doivent acheter 140 avions, et les italiens 90. Dans la vidéo ci-dessous, on voit bien l’orientation arrière de la tuyère, permettant de maximiser l’efficacité de la poussée au décollage.

 

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Encore une nouvelle d’outre-atlantique : l’US Army a développé le système EMC2 dont l’acronyme signifie « Enroute Mission Command 2». Ce système original peut être envisagé comme un « satellite aérien », chargé à bord d’un avion de transport C17, permettant aux parachutistes de communiquer en phonie pendant la phase de chute.

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En sus de la voix, les parachutistes pourront échanger des vidéos, et des données. En fait, il s’agit d’une extension du Warfighter Information Network-Tactical, ou WIN-T, système de communication terrestre haut débit, déjà en service, et déployable en opérations en 96 heures.

L’objectif est de pouvoir effectuer de la planification dynamique pendant l’opération, à la fois dans la phase de transport jusqu’au point de largage, et pendant la chute elle-même. Le système dépasse d’ailleurs de loin les capacités allouées aux pilotes du C17. Il devient possible de communiquer en Secure VoIP, ou de suivre des flux video provenant de drones largués au préalable au point de chute.

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Enfin, il devient possible pour les parachutistes de communiquer avec un autre avion C17 muni d’un nœud EMC2, et par exemple de faire un RETEX instantané vis-à-vis de parachutistes en route vers la zone de largage.

Ce «hotspot tactique volant » a été démontré le 14 mai dernier à Pope Army Air Field, Fort Bragg, par le XVIII Airborne Corps. Il devrait être mis en service en 2017.

Images (c) US Army, US Air Force

UGS1Allez, pour changer de l’image du week-end, une petite nouveauté dans le domaine des véhicules sous-marins autonomes. La société Huntington Ingalls’ Undersea Solutions Group vient en effet de présenter son nouveau mini sous-marin, le Proteus. Il s’agit d’un véhicule capable d’évoluer de manière autonome comme un UUV (unmanned underwater vehicle) ou de recevoir un équipage, par exemple pour véhiculer des nageurs de combat.

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Il s’agit d’un sous-marin électrique, dont la batterie délivrant 296kWh lui permet de disposer d’un rayon d’action maximal de 700nm (environ 1300 km) à une vitesse de 10 nœuds. Le Proteus est développé par HIUSG, Battelle, et BlueFin Robotics.

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Le Proteus porte à son bord six stations à air permettant d’accueillir des plongeurs. Toutes les commandes sont numériques, sur le mode « fly-by-wire », il est doté de stations Iridium en sus des moyens radio traditionnels, et porte 4 caméras et un sonar de 300kHz. En mode autonome, le Proteus peut être utilisé pour différentes missions : transport de charge utile, inspection sous-marine, ou installation de charges diverses sur le plancher sous-marin. La vision ci-dessous présente le concept.

En revanche, en comparaison des drones aériens, le Proteus doit être piloté en automatique : on ne peut le diriger manuellement à distance, en raison du délai induit par la communication sous-marine.

Pour des missions de renseignement, d’autres sous-marins autonomes existent, et en particulier, le Ghost Swimmer, un requin robotisé étonnant, développé au sein de la cellule d’innovation rapide (CRIC) de l’US Navy dans le cadre d’un projet baptisé SilentNemo.

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Ce projet a pour objectif de développer des systèmes d’inspiration biomimétique, à destination de la Marine Américaine. Le CRIC est un centre créatif, lancé en 2012, permettant d’imaginer des produits novateurs, et un concept dont la France pourrait s’inspirer, modulo… le budget nécessaire à son fonctionnement. La video ci-dessous présente l’étonnante nage du GhostSwimmer.

 

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Présenté au Salon du Bourget (SIAE) 2015, le StratoBus est un concept initié par Thales Alenia Space : il s’agit d’une plate-forme spatiale géostationnaire, autonome à partir d’une position fixe, et capable de réaliser des missions d’observation de longue durée (« longue endurance »). Quand on parle de longue durée, on se réfère ici à des missions de durée indéterminée (en l’espèce, des missions de 5 ans) dans la zone intra-tropiques, et de 6 à 8 mois dans les autres zones.

Physiquement, le StratoBus est un dirigeable de 100 mètres de long pour un diamètre de 33 mètres, en fibres de carbone, capable de porter une charge utile de 200kg, à 20 km d’altitude. Il disposera de 4kW de puissance embarquée.

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Les missions ? Observation et surveillance de zone (imagerie, radar…), relais de télécommunications ciblé avec une couverture de 400 à 500 km de diamètre – dans le cadre d’opérations ou de catastrophes naturelles, cartographie… Le StratoBus devrait pouvoir être déployé en moins de 48h. Un objectif ambitieux de ce consortium qui, outre TAS, comprend  Zodiac Marine, le laboratoire LITEN (Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux) du CEA, Air Liquide, ainsi que plusieurs PME, avec le soutien du pôle de compétitivité Pégase.

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L’innovation réside également dans le moyen de capturer de l’énergie solaire et un dispositif d’électrolyse permettant de convertir de l’eau en gaz, un système de génération de l’énergie reposant sur le couplage entre des panneaux solaires et un système d’amplification de puissance, et une pile à combustible légère et réversible. Le revêtement, outre les fibres de carbone, comprendrait du polyéthylène afin de pouvoir intégrer des cellules photovoltaïques organiques. Un concentré de technologie, donc. La vidéo ci-dessous parle d’elle-même.

Mais un concentré potentiellement vulnérable aux tirs. Car un missile type air-air (même ancien) comme le AIM-54 Phoenix, utilisé par l’US Navy ou l’Iranian Air Force, possède une altitude de vol de 24km et un plafond opérationnel de 30km.

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Un missile sol-air comme le S-75 Dvina / V-750 peut atteindre une cible à 25km d’altitude. Généralement, à de telles altitudes, on considère que l’interception est difficile car la cible est en mouvement rapide. Mais avec le StratoBus, on a une cible parfaitement immobile, et qui, même sans moteur, emmagasine de la chaleur. Un avion comme le SU-25 peut voler et manœuvrer à 14km d’altitude, reste ensuite au missile (par exemple un R60) à monter jusqu’à 20km, ce qui reste possible, surtout si la cible ne bouge pas.

Donc un concept intéressant, mais potentiellement vulnérable à une attaque sol-air ou air-air. Je laisse le soin aux lecteurs de commenter/compléter cette première et rapide analyse : si l’on fait un sondage rapide parmi ceux d’entre vous qui connaissent bien les missiles sol-air / air-air : quelle est la vulnérabilité d’une telle plateforme ?

Images (c) Thales, US Navy

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Ne vous inquiétez pas, je ne me lasse pas de ce blog, mais le salon du Bourget rend la tenue du rythme de publication difficile.

Aujourd’hui, la suite de l’affaire « Defense Distributed » – pour ceux qui ont lu l’article sur la fabrication d’armes de guerre dans son garage à partir de données mises à disposition en ligne.

Defense Distributed, c’est cette société qui commercialise des machines et notamment des imprimantes 3D permettant la fabrication d’armes, en particulier en communiquant aux clients les fichiers de données 3D correspondants. La société, américaine, joue en effet sur la liberté d’expression (« freedom of speech ») pour justifier que l’on puisse communiquer toute information sur Internet, même des gabarits de fabrication d’armes. Le résultat? Des « ghost guns » intraçables, et fabriqués en toute discrétion.

Le Département d’Etat américain annonce aujourd’hui que des mesures vont être prises pour interdire la communication de telles données, en l’encadrant par la législation d’autorisation d’exportation de munitions. Publier de telles informations, même vagues (sic) sera bientôt assimilé à une violation des règles ITAR (International Trade in Arms Regulations) ce qui, en pratique, correspond à une interdiction forte.

De telles données seront ainsi assimilables à des « données techniques de munitions » dont la communication sera interdite sauf autorisation préalable. Tout ceci est évidemment contesté par le sulfureux Cody Wilson (ci-dessous), le fondateur du groupe DD qui cultive l’art de la provocation, mais le département d’Etat semble déterminé à aller au bout de la démarche (heureusement).

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En parallèle, le député Steve Israel de l’Etat de New York tente de réintroduire une loi qui interdirait la fabrication de toute arme dont au moins un composant serait indétectable par un détecteur de métal.

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Une série de mesures qui n’aura pas un effet majeur sur un groupe terroriste déterminé, mais qui aurait au moins le mérite d’éviter une explosion (sans jeu de mots) de la fabrication d’armes par des amateurs ou des inconscients.

Image du week-end: F35 Roll

Publié: 13 juin 2015 dans Aéronautique
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L’image du week-end en prévision du salon du Bourget 2015 qui débute lundi: une image composite du F35A effectuant un tonneau à 360° avec son armement ((4 x GBU-12s et 2 AIM-9Xs). Enjoy!

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