Archives de la catégorie ‘Non classé’

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Si vous avez vu (ou lu) « la guerre des mondes », vous vous souvenez sans doute de ces engins de colonisation capables de se dissimuler plusieurs années dans la terre, pour ressortir une fois l’invasion lancée. Rien de comparable ici sinon le principe… du moins pour l’instant.

L’engin en question, de son petit nom CRACUNS (Corrosion Resistant Aerial Covert Unmanned Nautical System), est un drone aérien de type quadrirotor, mais conçu pour pouvoir séjourner sous l’eau sans dommage. Construit par des chercheurs du prestigieux Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory, dans le Maryland, le CRACUNS peut être soit lancé d’un sous-marin – éventuellement lui-même autonome, soit dissimulé sur un site sous-marin fixe, et lancé en cas de besoin.

L’idée est ainsi de pouvoir, sans être détecté, disposer dans un premier temps d’une capacité de renseignement, par exemple en étant largué à proximité des côtes, pour pouvoir effectuer plusieurs mois plus tard des missions de reconnaissance ou d’observation des terres.

Pour cela, le CRACUNS est résistant à la corrosion : les chercheurs du JHUAPL l’ont ainsi laissé en immersion dans de l’eau salée pendant deux mois – le drone s’est avéré capable de voler sans problème et sans trace de corrosion. En termes de profondeur, celle-ci est décrite comme « significative », sans plus de détail (on peut l’estimer à 100/150m de profondeur). Mais l’innovation est réelle : pour arriver à une telle capacité, le drone a été conçu par fabrication additive (impression 3D) de manière à pouvoir disposer d’un squelette en composite capable de résister aux immenses pressions rencontrées, tout en restant suffisamment léger pour permettre à l’engin de voler. Ses quatre moteurs électriques ont quant à eux subi un traitement de surface à partir d’une substance hydrophobe « du commerce ». Enfin, les éléments les plus sensibles ont été mis à l’abri dans un caisson étanche.

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Le CRACUNS est donc non seulement capable de résister à l’eau, mais également de remplir une mission avec un fonctionnement nominal de l’ensemble de ses composants.

L’idée n’est pas nouvelle : la DARPA (oui, encore elle) a en effet lancé en 2013 le programme Upward Falling Payloads (UFP), dont le sujet est le largage, plusieurs années en amont, d’effecteurs capables de séjourner sur le plancher océanique afin de surprendre l’adversaire. Parmi les effecteurs envisagés : des brouilleurs de guerre électronique, des armes non létales ou encore des stroboscopes lasers et bien évidemment, des drones de renseignement, ou permettant d’établir des réseaux de communication ad hoc.

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Le système UFP est ainsi construit à base d’une charge utile, d’un module appelé « riser » ayant pour fonction de faire remonter la charge à la surface de l’océan, et d’un module de communication capable de recevoir le signal lui ordonnant le lancement. Vous trouverez plus d’informations sur ce programme en suivant ce lien.

Quant au CRACUNS (le nom est quand même un peu spécial), il s’agit pour l’instant d’un prototype. A priori, ses créateurs laissent entendre que sa réalisation ne serait pas coûteuse, notamment en raison de l’emploi de technologies de fabrication additive. Une nécessité, car si l’engin est capable de décoller, il n’est pour l’instant pas capable de replonger vers sa base et est donc « à usage unique ». Enfin, si vous m’autorisez un peu de mauvais esprit (quoique) ce concept a un autre avantage: on peut envisager de déployer les systèmes très en amont d’éventuelles coupes budgétaires! Une nouvelle manière d’envisager la surprise stratégique…

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L’idée est amusante et peut paraître bizarre, mais elle est loin d’être stupide. L’équipe de recherche de Ahmad Hassanat au sein de l’université de Mu’tah de Jordanie a en effet eu l’idée de déterminer l’appartenance d’un individu à un groupe terroriste et de tenter de l’identifier en utilisant une technologie de reconnaissance automatique des images… de leurs doigts faisant le signe « V » de la victoire.

La constatation – surprenante- de l’équipe de recherche est que la manière dont les doigts forment le signe « V » est aussi caractéristique de l’appartenance d’un individu que sa voix, ou même ses empreintes. Leur étude est baptisée « Victory Sign Biometric for Terrorists Identification » et est disponible en suivant ce lien. Une solution intéressante, dans un contexte où les individus se camouflent le visage pour ne pas risquer d’être identifiés.

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L’idée de s’intéresser aux signes provient à la fois de l’abondance de photos où des terroristes font un geste victorieux, et de la relative facilité de l’analyse :

  • La capture de la forme de la main ou de la gestuelle ne nécessite pas de senseurs élaborés, ou d’images de très haute-fidélité
  • Si des images plus détaillées sont disponibles, la méthode permet d’agréger d’autres techniques d’analyse (analyse palmaire, empreinte digitale…)
  • La complexité algorithmique de l’analyse est assez faible et les méthodes sont nombreuses et éprouvées.

L’idée consiste à identifier les points correspondant à l’extrémité des doigts, le point à la jonction des doigts et deux points caractéristiques sur la paume de la main. Dans l’étude, 50 volontaires ont fait le signe « V » et ont été photographiés par un appareil standard (8 mégapixels). Cette base de données a permis d’entraîner le système à identifier des références biométriques caractéristiques.

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Au final, l’étude a montré qu’il était possible dans de nombreux cas d’identifier avec une précision de 90% la personne faisant le signe. Quelques erreurs subsistent, par exemple dues à la position des autres doigts qui interfère avec les algorithmes de segmentation de l’image.

La technique est donc intéressante, même si, d’un point de vue purement scientifique, il semble difficile de généraliser de tels résultats avec une base de données aussi restreinte. Mais cela permet d’imaginer exploiter au maximum les sources ouvertes, comme les images présentes sur Internet. Faute d’identifier avec précision un terroriste, il serait possible de le suivre, et de corréler cette information avec toutes les autres disponibles en source ouverte. Et si les terroristes arrêtent de faire le signe « V », alors soit cela signifient soit qu’ils arrêtent d’être victorieux ( !) soit qu’il est nécessaire de passer à d’autres modes de reconnaissance (gestuelle, attitude, etc…). Une course aux armes biométriques, en somme…

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Pour l’anniversaire de ce blog (que j’ai d’ailleurs oublié de mentionner au début du mois), voici la révélation par l’US Air Force du nouveau bombardier furtif à grand rayon d’action (« long range strike fighter »), le B21.

Bon, pour ceux qui connaissent bien l’aéronautique militaire, le B21 ressemble quasiment trait pour trait au B2 (voir ci-dessous), son prédécesseur. C’est d’ailleurs la société Northrop Grumman, constructeur du B2 Spirit, qui a conçu et fabriquera le nouvel engin.

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Le B21, baptisé provisoirement ainsi pour « 21e siècle » devrait avoir des caractéristiques impressionnantes, mais très comparables au B2. Conçu pour des frappes conventionnelles et nucléaires, il devrait avoir un rayon d’action d’environ 11 000 km, une capacité de charge utile de 20 tonnes, et une vitesse maximale de 950km/h. Comparé au design du B2, les moteurs semblent mieux dissimulés, et les entrées d’air semblent quasiment intégrées au cockpit (en tout cas, sur le dessin).

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Tout ceci pour un prix catalogue d’environ 550 millions de $ par engin, une affaire si l’on compare ce prix aux 737 millions de $ que coûtait un B2 (sic). Mais la nouveauté n’est pas tant dans l’avion lui-même que dans son programme de développement. Le Pentagone souhaite en effet éviter les erreurs dans la gestion de ses développements de nouveaux aéronefs : le programme F35 est une catastrophe technique et financière, et le programme B2 lui-même a du être adapté aux variations de l’environnement géopolitique, ce qui a provoqué un glissement financier désastreux (de 132 avions prévus, les coûts de rétrofit ont été tels qu’il n’a été possible que d’en produire …21 avant arrêt du programme). Bon, évidemment, tous les systèmes et plateformes de l’avion seront de nouvelle génération… En tout cas au moment de sa conception, puisque la mise en service ne devrait pas intervenir avant 2025 au plus tôt.

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A cette époque, si mes calculs sont exacts, je devrais avoir comptabilisé près d’1 million de visites sur le blog, et j’aurai posté plus de 1600 articles. En tout cas, aujourd’hui, ce blog compte plus de 90 000 visites, et je vous en remercie chaleureusement. Vraiment.

 

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Ce n’est pas parce qu’une balle n’atteint pas sa cible qu’elle ne peut pas tuer. Une étude de l’université de Californie montre ainsi qu’environ 41% des victimes de balles perdues ont été touchées chez elles, souvent à l’intérieur de leurs maisons, et souvent dans leur sommeil, les balles ayant transpercé les murs. 30% des victimes sont des enfants. Des chiffres inquiétant, qui incitent les fabricants de munitions à chercher des parades.

Une technique classique consiste à concevoir des munitions à haut transfert d’énergie ; ce sont des balles qui transfèrent un maximum d’énergie à la cible lors d’un impact, permettant ainsi d’éviter une perforation et à la balle de poursuivre sur sa trajectoire. Plusieurs fabricants ont conçu de telles munitions, par exemple la société RUAG, qui commercialise des munitions dites déformables, essentiellement à l’intention des forces de police.

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En utilisant des alliages spécifiques, on parvient également à limiter la tendance au ricochet. La déformation de la balle, quant à elle, permet de limiter la pénétration dans la cible à un maximum de 35cm (munition 9×19 action 4 SXF). D’autres fabricants ont également conçu d’autres solutions fondées sur le même principe.

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Mais cela n’élimine pas le risque du à des tirs directs qui manqueraient leur cible. Une solution originale à ce problème vient d’être révélée par l’intermédiaire d’un brevet datant de 2013 : des balles capables de s’auto-détruire à une certaine distance.

Conçue par l’US Army’s Armament Research, Development and Engineering Center (ARDEC), cette munition est remplie avec une substance inflammable, dont l’allumage est déclenché lorsque la balle est tirée. Ce matériau, en se consumant, réagit avec une autre substance qui a pour effet de lentement déformer la balle jusqu’à ce qu’elle devienne instable. Une approche « low-tech », mais néanmoins innovante.

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En d’autres termes, en lui faisant perdre sa forme aérodynamique au-delà d’une certaine distance, la balle finit par tomber sur le sol. Evidemment, cela nécessite de prévoir à l’avance la distance utile opérationnellement parlant (celle-ci peut être ajustée en modifiant les quantités respectives des deux substances pyrotechniques présentes au sein de la balle). A réserver à un usage intérieur, ou urbain, donc.

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Le projet n’est plus financé, mais les chercheurs de l’ARDEC, qui viennent de voir leur brevet validé, cherchent à générer de l’intérêt auprès des fabricants de munitions. Un intérêt qui devrait être réel : plus de 300 personnes sont tuées par an aux Etats-Unis seuls, sans compter les blessés, par des balles perdues.

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Bon, un article un chouïa plus technique pour changer, cela fait beaucoup de jargon en une phrase, mais le concept est simple : amener de la bande passante et de la capacité de traitement de données au sein de « data centers » mobiles, au plus près du théâtre d’opérations. Pour faire simple, l’hyperconvergence, c’est une approche d’architecture matérielle/logicielle qui consiste à intégrer des capacités de calcul durcies (processeurs), du stockage de données robuste, un réseau militarisé, des machines virtuelles, encapsulées dans un module hardware unique embarqué au cœur des opérations.

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Lors du dernier salon AFCEA West conference and trade show à San Diego, plusieurs sociétés ont présenté un tel concept. Parmi elles, on peut citer la société californienne Themis Computer, qui a développé un concept baptisé Themis Hyper-Unity. Il s’agit d’une unité de calcul durcie, fondée sur un concept de stockage en mémoire Flash, et intégrant 4 nœuds serveurs RES-XR5-1U de 8 disques chacun, à base de processeurs Xeon de 14 cœurs. Faisons simple : une capacité de stockage jusqu »à 30 TB, un réseau Mellanox Infiniband de 56Gb, et tout ceci compatible avec les normes militaires MIL-STD-810G, MIL-S-901D et MIL-STD-167-1*. Bref, une bête absolue, durcie aux standards opérationnels, et gérable par un seul administrateur comme un système unique placé à l’intérieur d’un véhicule léger de type Humvee.

Fiber-optic equipment in a data center

Jusqu’à maintenant, l’obstacle principal au développement de capacités de calcul sur le champ de bataille était le poids et la taille des équipements nécessaires. Entre la puissance de calcul souhaitée, la capacité de stockage, les équipements réseaux et le nécessaire passage à des standards de durcissement compatibles avec l’utilisation militaire, le problème était véritablement complexe. Ou alors il fallait une très, très grande rallonge (sic).

Et pourtant, le besoin est prégnant : il s’agit de pouvoir recevoir, traiter et distribuer des quantités astronomiques de données, de réaliser du « blue force tracking » et du suivi des pistes hostiles, de gérer les missions des unités, de réaliser de l’analyse du signal (SIGINT), etc, etc.

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Le recours à la virtualisation permet de disposer de ressources de calcul et de stockage durcies, gérables comme un seul système. C’est l’hyperconvergence. Si la convergence (en informatique) peut être définie comme « des systèmes séparés conçus pour fonctionner ensemble », donc une approche dite « scale up » (on utilise plusieurs cœurs de calcul pour une même tâche) l’hyperconvergence peut être définie comme une approche « scale out » (on distribue des tâches sur plusieurs machines au sein d’un même réseau lui-même confiné à une même infrastructure). Cette approche permet de démarrer petit, et d’évoluer facilement vers de plus grandes capacités au fur et à mesure, sans aucune perte de performances et de manière linéaire. Bien connue dans le monde civil, cette approche n’était pas encore répandue dans le monde militaire. C’est maintenant chose faite.

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Outre Themis, d’autres sociétés comme Crystal Group ou encore Core Systems ou Systel Inc. développent aujourd’hui de tels concepts pour la défense. Ce n’est bien évidemment pas une approche parfaite, et des défis techniques persistent comme l’équilibrage (« load balancing ») entre les ressources réelles et virtuelles, ou la gestion des entrées/sorties dans une architecture hyperconvergée. Toutefois, le monde civil progresse à pas de géant ; nul doute que les nœuds de calcul hyperconvergés seront bientôt dans la nuque de toutes les tourelles, comme dans le coffre des nouvelles générations de véhicules militaires.

PS. Désolé pour le retard entre deux articles, la plateforme de blog a visiblement connu quelques difficultés techniques il y a quelques jours… Un manque d’hyperconvergence peut-être…

 

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Je sais bien, cela fait beaucoup d’articles où l’on parle de DARPA et de drones. Mais cela reflète également les tendances actuelles du marché, et les recherches entreprises en innovation technologique de défense.

En l’occurrence, je souhaitais donner un éclairage rapide sur le programme FLA de la DARPA. FLA signifie Fast Lightweight Autonomy (autonomie, vitesse et légèreté). Il s’agit en l’occurrence d’un programme…logiciel, dont l’objectif est d’exploiter pleinement la puissance des plateformes de drones grand public pour les amener à réduire leur consommation en énergie, et à optimiser leur contrôle en diminuant le besoin en télécommunications et en intervention humaine.

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L’idée est ainsi de développer des algorithmes permettant de réaliser une perception automatique rapide de l’environnement, et d’adapter des méthodes de contrôle/commande pour, in fine, permettre à ces drones de se déplacer à leur vitesse maximale théorique dans des environnement complexes, changeants et encombrés.

Les drones ainsi modifiés doivent pouvoir effectuer des missions à haute vitesse, avec une charge utile (senseurs, caméras), sans communiquer avec leur opérateur, et sans utiliser de GPS. Une véritable autonomie en temps réel, donc.

La plate-forme utilisée pour les tests est le célèbre drone de loisir DJI Flamewheel avec le chassis 450 ARF, un kit de propulsion E600 (4 moteurs/ESC, 4 paires d’hélices), et un contrôleur de vol 3DR Pixhawk. Soit un système que l’on peut se procurer dans le commerce pour un prix global d’environ 500 EUR (sans le montage).

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Les chercheurs de la DARPA ont ainsi réalisé une première démonstration dans un hangar de l Otis Air National Guard Base, à Cape Cod dans le Massachusetts. Le drone emportait une charge utile complète et autonome, comprenant des senseurs comme des caméras haute définition et un LIDAR, et a réussi à voler à 20m/s (soit 72km/h). La difficulté est de développer des algorithmes efficaces avec une puissance de calcul embarquée autonome très limitée.

Vous pouvez voir ce très impressionnant test dans la video ci-dessous (y compris les nombreux accidents qui ont émaillé ce test).

Soyons clairs : le drone n’arrive pas encore à voler à 20m/s en évitant tous les obstacles dans son environnement. Toutefois, il n’y a aucune raison que cet objectif ne puisse pas être atteint dans les futures phases du programme. L’objectif est de pouvoir réaliser des missions de surveillance rapide dans des environnements complexes (théâtre d’opération, catastrophe naturelle) là où aucune téléopération n’est possible car trop dangereuses pour les opérateurs (dans une ville rendue instable par un tremblement de terre par exemple).

Une dernière question : les drones ainsi « boostés » arriveront-ils à éviter leur capture par les aigles ? (si, si, il y a bien un programme de la police néerlandaise qui vise à entraîner des rapaces afin qu’ils puissent capturer des drones en plein vol. La preuve en image ci-dessous…) On n’arrête pas le progrès.

Invitation au Forum SIMOPS 2016

Publié: 12 février 2016 dans Non classé

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Un petit peu de pub pour changer(mais l’inscription est plus que modique!). Le forum de la simulation opérationnelle SIMOPS 2016 se tiendra du 30 mars au 1er avril aux Ecoles Militaires de Saumur. Dans un pôle de simulation unique dans l’armée de Terre, le SIMOPS 2016 présentera les outils de simulation utilisés pour la préparation à l’engagement. Cette deuxième édition a pour objectif de mettre en lumière les réflexions et expérimentations sur l’emploi de la simulation pour la préparation de l’avenir et l’appui aux opérations, notamment dans la perspective du programme Scorpion.

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Ce forum s’articulera autour de quatre pôles d’activités :

  • simulation en démonstration ;
  • simulation en libre-service ;
  • stands industriels et étatiques ;
  • exposés et débats.

Il s’appuiera en particulier sur un exercice SCORPION IV piloté par le CDEF (centre de doctrine d’emploi des forces), mis en oeuvre sur la plateforme de simulation JANUS avec le concours de la 9e BIMA, et sur une démonstration dynamique de simulateurs en réseau qui permettent l’entraînement sur une mission tactique interarmes.

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Il y aura également un certain nombre de conférences autour de 4 thèmes: la simulation pour tous et pour tout, la simulation en appui à la préparation des forces, la simulation en appui aux opérations et la simulation pour la préparation de l’avenir.

La précédente édition (photo ci-dessus) avait réuni plusieurs centaines de visiteurs, et avait constitué un moment privilégié d’échange entre les Forces, les industriels et la DGA, et cela dans un cadre privilégié.

Renseignements et inscriptions sur www.simops2016.fr

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iRobot, tout le monde connait – en particulier par son robot aspirateur Roomba autonome, l’un des meilleurs modèles du marché, et un précurseur dans son domaine. Mais iRobot, c’est moins connu, c’est également une société de robotique militaire. C’est cette dernière activité qui vient d’être cédée au groupe Arlington Capital Partners, pour 45 millions de $.

La division militaire d’iRobot développe des robots d’exploration comme le 110 FirstLook (voir ci-dessous), un robot de reconnaissance léger, robuste, capable d’effectuer des missions de reconnaissance NRBC, de vérification de véhicule ou d’exploration d’un environnement rendu complexe par la présence de fumées, ou de débris.

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A l’autre extrémité du spectre, on peut également citer le robot 710 Kobra, capable de grimper des escaliers et de réaliser des missions de déminage sur tout terrain, par tous les temps. Ces robots sont fondés sur un socle commun : deux chenilles, une plate-forme capable d’héberger différentes charges utiles, et un second couple de chenilles (amovibles) sur l’avant, permettant de monter des escaliers ou d’escalader des obstacles.

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La cession de sa division militaire a pour objectif de permettre à iRobot de se consacrer totalement au domaine de la robotique grand public. La nouvelle société issue de l’opération et détenue à 100% par des capitaux privés sera donc totalement dédiée au monde de la défense et de la sécurité. Son directeur général sera Sean Bielat, un ancien officier des US Marines.

Cette annonce a au moins le mérite de clarifier les intentions de la société dans le domaine de la robotique militaire. D’autres entités, comme Boston Dynamics, ont des stratégies moins claires : rachetée par Google en décembre 2013, cette dernière société, créatrice de robots célèbres comme « Alpha Dog » ou « Cheetah »  n’a toujours pas précisé sa stratégie dans le monde de la défense. Malgré les intentions de Google de « stopper tout développement de Boston Dynamics dans le militaire » (une posture dictée par une volonté d’affichage vers le grand public), les contrats de développement avec le DoD américain se poursuivent. Et l’on ne compte plus les sociétés de robotique achetées par Google (aujourd’hui Alphabet) : Meka, Redwood Robotics, Schaft, Industrial Perception, … sans compter ses développements dans les véhicules autonomes.

Mais le débat sur Google et la robotique est biaisé par les SALA (systèmes d’armes létaux autonomes), un concept qui pollue en fait la totalité du débat sur la robotique militaire. Il suffit de regarder les activités de iRobot, de Nexter Robotics ou de Tecdron pour constater que la robotique militaire, c’est aujourd’hui autre chose que des systèmes d’armes. Bon, même si iRobot avait déjà fait des essais d’armement de son robot 710 avec le concours de Metal Storm.

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Compte tenu de l’historique dans le domaine, nul doute que la DARPA constituera une source de financement importante pour la nouvelle société issue d’iRobot. Car les défis sont loin d’être résolus aujourd’hui : un robot a encore du mal à ouvrir une porte ou évoluer de manière complètement autonome dans un environnement non structuré, complexe et changeant.

Le nom de la nouvelle société sera révélé à l’issue de la transaction, dont la phase légale doit encore durer 90 jours.

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De retour de Washington (d’où le rythme un peu lent cette semaine de mes articles), coup de projecteur sur une initiative de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency, encore elle), le projet NESD pour Neural Engineering System Design. Il ne s’agit ni plus ni moins que de développer une interface cérébrale permettant de transférer des données entre le cerveau et le monde numérique.

Pour ce faire, la DARPA dispose d’un « petit » budget à son échelle (60 millions de $ sur 4 ans, à comparer à un budget annuel global de près de 2.9 milliards de $, pour information). L’idée est de développer un implant cérébral, de la taille d’une pièce de 5 centimes d’euros et d’une épaisseur double, permettant de traduire les communications électrochimiques du cerveau en signaux numériques.

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Alors que les implants thérapeutiques existants se limitent à 100 canaux de communication, le nouvel implant devrait permettre de communiquer simultanément avec 1 million de neurones. Les défis technologiques sont nombreux : en neurobiologie évidemment, mais aussi dans le domaine du calcul, de l’énergie, et du logiciel (transcodage, compression, analyse du signal, etc…).

Quant aux applications, elles vont de la restauration de capacités perdues suite à une lésion cérébrale (audition, vision, gestes…) au traitement rapide de l’information, et au contrôle/commande de systèmes complexes par interface cérébrale.

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Le projet, ambitieux, fait partie du programme « Brain initiative » lancé par le président Barack Obama, et qui, en ce qui concerne la DARPA, agrège plusieurs programmes de recherche comme le projet ElectRx visant à conférer au corps humain des capacités d’auto-guérison accrues, par la neurostimulation modulaire des organes internes (!), le projet PREVENT pour comprendre la physique des blessures neurologiques et en limiter les effets, ou encore le projet HAPTIX de développement d’interfaces tactiles proprioceptives. Pour une vision globale, voir la page dédiée sur le site de la DARPA. En ce qui concerne le projet Brain Initiative, vous pouvez en savoir plus sur le site de la Maison Blanche.

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Le projet NESD sera orienté vers le développement d’interfaces prioritairement vers le cortex visuel primaire et le cortex auditif – outre les applications, il s’agit des zones du cerveau sur lesquelles on dispose aujourd’hui d’information et de connaissances importantes, et qui sont physiquement accessibles pour l’implantation d’un dispositif. Le programme sera organisé en deux domaines techniques (TA pour Technical Areas) :

  • TA1 : transduction neurale et algorithmes – il s’agit de mettre en place les algorithmes et techniques permettant d’élaborer le design du système NESD
  • TA2 : Hardware, prototypage et fabrication (ainsi que les tests et validations) de la plate-forme NESD.

La DARPA cherche aujourd’hui à mettre en place un consortium industriel multidisciplinaire de travail sur le programme et organise une journée d’information dont vous trouverez le détail ici. Les français y sont d’ailleurs bien représentés.

 

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Bon, je l’accorde, le titre est accrocheur. Mais il est parfaitement exact : des chercheurs du Raytheon-UMass Lowell Research Institute (RURI) ont en effet annoncé avoir développé une nano-encre ferromagnétique, apposable en spray, et capable de constituer des antennes radars imprimées.

Avant de parler furtivité, quelques explications. Une nano-encre ferromagnétique est constituée de nanoparticules, capables de s’orienter lorsqu’un courant électrique est appliqué. Dans ce cas, il s’agit d’une encre diffusable en spray, que l’on peut donc vaporiser suivant un motif donné, par exemple pour former une antenne. Ce que l’on appelle un « phased array radar » (pour la traduction en français, je n’ai trouvé que radar à réseau en commande de phase – ou radar à balayage). Le principe est de constituer un réseau d’antennes élémentaires alimentées avec des signaux dont la phase est ajustée de façon à obtenir le diagramme de rayonnement voulu. Cela permet en particulier de suivre des cibles très mobiles.

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Le souci : ces radars sont volumineux, lourds, coûteux, consommateurs d’énergie et demandent des structures de portage qui diminuent la furtivité. D’où l’idée d’utiliser une nano-encre pour imprimer littéralement l’antenne, sur une surface quelconque, la connexion avec l’électronique de traitement se faisant sous la surface.

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Le laboratoire RURI a en effet développé une technologie d’impression par spray consistant à vaporiser une nano-encre à 7mm du support, à travers une grille permettant de créer un motif de réseau.

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On obtient ainsi une antenne radar directement imprimée sur n’importe quelle structure : tourelle de char, coque de bateau (avec quelques bémols en cours de résolution dus à l’eau salée), mais aussi directement sur la structure d’un avion, sans en dégrader les performances aérodynamiques.

Mais au-delà du développement de radars, on peut imaginer également (et c’est ce qu’on fait les chercheurs du RURI) utiliser cette technologie pour réaliser de la furtivité active. Explication : la furtivité passive, c’est la faculté d’une structure à se rendre invisible aux radars, en diminuant sa SER ou signature équivalente radar (donc la surface plane qui renverrait la même énergie que la structure considérée). Pour cela, on utilise une combinaison de matériaux absorbants et de formes géométriques permettant d’absorber et/ou de renvoyer les ondes radar dans d’autres directions que celles de l’émetteur. Ainsi, le F22 Raptor aurait une SER équivalente à celle d’un oiseau. Mais cela n’est pas vrai pour tous les types de radar (notamment des radars basse fréquence), et pour toutes les positions possibles de l’avion…

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La furtivité active, quant à elle, consiste à traiter activement les signaux reçus pour les renvoyer sous une forme qui ne permettra pas au système de détection d’identifier la menace. Une antenne imprimée sur la structure d’un avion ou d’une frégate pourrait permettre de traiter les signaux radars quelle que soit leur fréquence d’émission, et sur tous les angles possibles (puisque l’on peut moduler le traitement des signaux reçus en fonction de la position de la cible). Ce faisant, on surmonte les difficultés de la furtivité passive, tout en fournissant une technologie radar furtive, puisque ne nécessitant pas de structure porteuse.

Une innovation extrêmement impressionnante, donc, qui fait évidemment l’objet d’un dépôt de brevet par Raytheon.