Des balles qui s’auto-détruisent pour éviter les dommages collatéraux

Publié: 24 février 2016 dans Munitions, Non classé
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Ce n’est pas parce qu’une balle n’atteint pas sa cible qu’elle ne peut pas tuer. Une étude de l’université de Californie montre ainsi qu’environ 41% des victimes de balles perdues ont été touchées chez elles, souvent à l’intérieur de leurs maisons, et souvent dans leur sommeil, les balles ayant transpercé les murs. 30% des victimes sont des enfants. Des chiffres inquiétant, qui incitent les fabricants de munitions à chercher des parades.

Une technique classique consiste à concevoir des munitions à haut transfert d’énergie ; ce sont des balles qui transfèrent un maximum d’énergie à la cible lors d’un impact, permettant ainsi d’éviter une perforation et à la balle de poursuivre sur sa trajectoire. Plusieurs fabricants ont conçu de telles munitions, par exemple la société RUAG, qui commercialise des munitions dites déformables, essentiellement à l’intention des forces de police.

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En utilisant des alliages spécifiques, on parvient également à limiter la tendance au ricochet. La déformation de la balle, quant à elle, permet de limiter la pénétration dans la cible à un maximum de 35cm (munition 9×19 action 4 SXF). D’autres fabricants ont également conçu d’autres solutions fondées sur le même principe.

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Mais cela n’élimine pas le risque du à des tirs directs qui manqueraient leur cible. Une solution originale à ce problème vient d’être révélée par l’intermédiaire d’un brevet datant de 2013 : des balles capables de s’auto-détruire à une certaine distance.

Conçue par l’US Army’s Armament Research, Development and Engineering Center (ARDEC), cette munition est remplie avec une substance inflammable, dont l’allumage est déclenché lorsque la balle est tirée. Ce matériau, en se consumant, réagit avec une autre substance qui a pour effet de lentement déformer la balle jusqu’à ce qu’elle devienne instable. Une approche « low-tech », mais néanmoins innovante.

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En d’autres termes, en lui faisant perdre sa forme aérodynamique au-delà d’une certaine distance, la balle finit par tomber sur le sol. Evidemment, cela nécessite de prévoir à l’avance la distance utile opérationnellement parlant (celle-ci peut être ajustée en modifiant les quantités respectives des deux substances pyrotechniques présentes au sein de la balle). A réserver à un usage intérieur, ou urbain, donc.

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Le projet n’est plus financé, mais les chercheurs de l’ARDEC, qui viennent de voir leur brevet validé, cherchent à générer de l’intérêt auprès des fabricants de munitions. Un intérêt qui devrait être réel : plus de 300 personnes sont tuées par an aux Etats-Unis seuls, sans compter les blessés, par des balles perdues.

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