Archives de la catégorie ‘Non classé’

degrad3

Des chercheurs chinois de l’université de technologie de Guangzhou viennent de développer un « bouclier » transparent en matériau composite, capable de bloquer les radiations UV, permettant ainsi de résoudre partiellement l’un des problèmes responsables de la dégradation de l’électronique à bord des satellites ou engins spatiaux.

7020155-earth-view-space

En effet, au sol, nous recevons du soleil un rayonnement composé de 5% d’UV, 39% de rayonnement visible et 56% d’infrarouge, le rayonnement ultraviolet étant bloqué en grande partie par l’atmosphère et en particulier par la couche d’ozone. Mais ce rayonnement UV (B) augmente de 10% tous les 700 mètres. À 1500 m d’altitude, le rayonnement est déjà 20% plus intense qu’au niveau de la mer. Dans l’espace, il n’est pas arrêté. Or le rayonnement UV (comme toutes les radiations cosmiques) cause des dommages importants à l’électronique des engins spatiaux allant de la génération d’anomalies de fonctionnement jusqu’à la dégradation physique des composants.

Les scientifiques chinois ont annoncé avoir créé un nouveau matériau transparent, un verre à base de CeO2 (oxyde de Cerium) possédant trois propriétés remarquables : son absorption des rayonnements UV, sa transparence, et sa capacité à ralentir la dégradation des matériaux exposés au rayonnement (en fait, sa capacité à supprimer la réaction de séparation électrons/trous pour les électrons photogénérés). Oui je sais, ça pique un peu comme phrase…En gros, on supprime une activité de photocatalyse très nuisible aux matériaux exposés.

degrad2

C’est la fabrication de ce nouveau composite qui a donné le plus de fil à retordre aux chercheurs, car il s’agit en particulier de pouvoir maîtriser une technique de nanocristallisation. Pour les irréductibles de la physique des matériaux, voir l’article complet ici (et bon courage).

degrad1

L’intérêt en l’occurrence est de pouvoir appliquer cette protection sous forme de film, sur des surfaces devant rester transparentes : panneaux solaires, optiques et capteurs, … prolongeant ainsi la durée de vie des composants spatiaux, notamment des satellites militaires. On peut également imaginer l’utiliser pour des visières de nouvelle génération, car le matériau créé a montré sa capacité à protéger des cellules vivantes contre ces mêmes radiations.

Il reste néanmoins à trouver des moyens de se protéger contre les autres types de radiations ionisantes présentes dans l’espace, le milieu le plus hostile que l’on puisse trouver.

para4

Le largage de précision a pour objectif de livrer par parachute de l’équipement, des colis, des munitions, à une hauteur variant entre 125m (400 pieds) et 7600m (25 000 pieds environ) d’altitude, en fonction de la méthode choisie : utilisation de la gravité, ou éjection de la charge dans le second cas. Il a pour objectif de renforcer la logistique de théâtre, de ravitailler des garnisons ou des unités isolées en environnement hostile.

Mais au-delà de l’éjection, un second problème consiste à atterrir avec précision à l’emplacement visé (en particulier lorsque l’aérolargage est effectué au profit des Forces Spéciales). En ce cas, des parachutes guidés de type « aile » (parafoils) peuvent être utilisés, et pour permettre un guidage optimal, des solutions de « parachute intelligent » ont été développées.

para1

Le plus connu est le système américain JPADS, pour « joint precision airdrop system », en service depuis 2006 en Afghanistan. Il s’agit d’une famille comprenant principalement 4 systèmes autonomes, guidés grâce à un GPS couplé à des servomoteurs directement reliés aux suspentes, et largués à des altitudes allant jusqu’à 25 000 pieds. Ils permettent de guider une charge au sol, avec une précision de l’ordre de 50 mètres. D’autres solutions du même type existent comme le Paralander développé par Cassidian, le DragonFly, l’Onyx ou des solutions de type parafoils motorisés.

Mais le GPS est susceptible d’être brouillé ou perturbé soit par des systèmes de guerre électronique, soit même par des solutions bon marché et compactes, accessibles au grand public. Pour contrer cette menace, les développeurs du JPADS l’ont doté d’un nouveau système de guidage qui utilise la vision artificielle.

L’idée est ainsi de munir le système de guidage d’un boitier AGU (aerial guidance unit) muni d’une caméra qui regarde le sol, et compare l’image optique avec une imagerie satellitaire entrée en préparation de mission dans la base de données de l’AGU. En lieu et place du GPS, le système utilise des indices visuels pour réaligner le guidage en fonction des données optiques recueillies.

para2

Evidemment, en cas de largage nocturne, ou de couche nuageuse importante, la solution se révèle limitée. L’US Army (Army’s Natick Soldier Research, Development and Engineering Center ou NSRDEC) travaille donc aujourd’hui avec la société Draper, conceptrice du JPADS, pour surmonter ces difficultés, en utilisant des capteurs infrarouges, ou en utilisant une combinaison de systèmes de guidage visuels/GPS.

para3

Les premiers tests réalisés (photos ci-dessus) ont néanmoins permis de confirmer l’intérêt de l’approche, avec une précision satisfaisante de largage, alors qu’aucune donnée GPS (et en particulier pas de données sur la position initiale de l’avion) n’a été utilisée. La même approche, si elle se révèle suffisamment robuste, pourrait être à terme utilisée pour le guidage de drones, ou le largage HALO (haute altitude, basse ouverture) de chuteurs opérationnels.

sw2

Il ne s’agit pas de systèmes d’armes létaux autonomes, car sont supposés être contrôlés en permanence par un humain, mais quand même… Le programme Lethal Miniature Aerial Munition System ou LMAMS vise à développer des munitions intelligentes – un nom sibyllin pour désigner des drones armés portables.

La société américaine Aerovironment a ainsi développé et déployé le Switchblade, un mini-drone portable armé. Transportable dans un sac à dos car il ne pèse que 2,5 kg, le drone est tiré à partir d’un tube. Une fois éjecté, ses ailes se déploient, et il commence un vol qui peut durer jusqu’à 10 minutes, dans un rayon de 10km. Capable d’envoyer des images dans les spectres visible et infrarouge à l’opérateur qui le contrôle, il est aussi capable de fondre à 150 km/h sur sa proie… en activant une tête militaire capable de neutraliser un camion. Un drone kamikaze, en quelque sorte… Il peut également être programmé pour percuter une cible prédéfinie.

sw1

Cela est peu connu, mais 4000 de ces drones ont déjà été déployés en Afghanistan par la 3e division d’infanterie américaine. Et les fantassins sont plutôt conquis par le concept. Vous pouvez le voir en action sur ce film.

Evidemment, des questions se posent par exemple sur la vulnérabilité au piratage ou au brouillage de ces drones (la société Aerovironment ne souhaite pas communiquer à ce sujet). Et il vaut mieux ne pas imaginer de tels systèmes entre de mauvaises mains. D’autant que le Switchblade n’est pas le seul engin de ce type. Ainsi, la société Textron, avec le Battlehawk (ci-dessous), la société Israélienne uVIsion avec le Hero30 ou encore Lockheed Martin, avec le Terminator ( !) sont également en lice pour le programme LMAMS.

sw6

Pour ce dernier, les spécifications sont exigeantes : le système doit être piloté à partir d’une station opérable de jour comme de nuit, fournir de la vidéo et des moyens de contrôle en temps réel. L’opérateur doit pouvoir sélectionner les cibles visuellement, par géolocalisation, pouvoir armer ou désarmer le système. Ce dernier doit être capable d’interrompre sa mission et de revenir seul à son point de lancement. Le système doit pouvoir opérer de manière semi-autonome, manuelle, ou… autonome (un mot dangereux car extrêmement vague, dès lors que l’on parle de systèmes d’armes létaux : en l’occurrence, il est bien précisé que c’est l’opérateur qui commande la détonation de la charge militaire).

Ce sont donc tous des drones professionnels haut de gamme. Mais dans ce blog, je parlais récemment du drone DISCO de Parrot qui pourrait être équipé de capacités analogues (si l’on élimine le besoin d’une optronique performante). Et donc représenter une menace en cas de détournement… D’ailleurs, la photo suivante montre un drone Skywalker X9 civil, militarisé par Daech, et transformé en IED (heureusement abattu par les forces kurdes).

sw4

Une nouvelle menace à prendre en compte dans cette course à la technologie aujourd’hui ouverte à tous les participants.

Un joyeux Noël à tous !

Publié: 23 décembre 2015 dans Non classé

Depuis (virtuellement) le central opérations du USS Zumwalt. Merci à tous de votre soutien, ce blog est pour vous.

noel

drapeau

Pas d’article ce triste week-end pour respecter le deuil national mais cette citation de Winston Churchill pour affirmer notre foi en la liberté, le courage, et pour  la lumière et le succès des armes de la France.

 

Blog en vacances…

Publié: 1 août 2015 dans Non classé

Faute d’Internet, mais pas que… ce blog prend des vacances et reviendra à son plein régime le 24 août 2015. Bon été à tous !

vacances

Merci !

Publié: 29 juin 2015 dans Non classé

merci2

DSC_0605

J’espère que vous me pardonnerez de faire, pour une fois, un peu de publicité personnelle… Mais pour le coup, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cette nouvelle. Voici donc le communiqué de presse envoyé ce jour. Les publications « normales » de ce blog reprendront dès demain.

CMI Defence SAS, filiale française du Groupe CMI (Cockerill Maintenance & Ingénierie), leader dans le domaine des systèmes d’armes intégrés sur véhicules blindés à grande mobilité et des solutions d’assistance technique et tactique, et SILKAN, spécialiste français des solutions de simulation virtuelle et des solutions d’interconnexion temps réel pour systèmes critiques, s’allient pour donner naissance à la coentreprise AGUERIS, nouvel acteur de la simulation militaire terrestre.

Les deux sociétés écrivent ainsi une nouvelle étape de leur histoire commune : SILKAN et CMI Defence collaborent depuis plusieurs années pour concevoir et déployer un nouveau type de simulateur virtuel  dédié à l’entraînement des équipages de tourelle. Cette collaboration a permis de développer le premier simulateur embarqué de tourelle au monde, reposant sur la connexion de la tourelle du véhicule réel à un poste instructeur. L’équipage transforme ainsi son blindé en simulateur à part entière.

Créée le 30 avril 2015, AGUERIS a vocation à devenir un acteur de référence dans le domaine de la simulation militaire terrestre, avec une offre de simulateurs d’entraînement technique et tactique pour le domaine terrestre, et la réalisation de produits technologiques novateurs dans le domaine de la simulation d’entraînement.

« Il s’agit pour CMI Defence de rester présent au plus près de nos clients tout au long du cycle de vie de nos produits, en proposant une offre complète et compétitive autour de nos systèmes d’armes» déclare Jean-Luc Maurange, Président de CMI Defence.

Pour SILKAN, et son Président-directeur général François Guérineau, « l’alliance avec un industriel de la dimension de CMI Defence va permettre de développer l’avance acquise par les équipes de SILKAN dans le domaine de la simulation militaire terrestre en proposant une gamme de produits de référence à l’international. Le partenariat technologique avec la coentreprise renforcera également les capacités de SILKAN sur ses propres marchés, en particulier la simulation d’entrainement aéronautique».

AGUERIS est basée à Meudon (Hauts-de-Seine, France). Les membres de son comité de direction sont issus du domaine de la défense et de la simulation : Bernard Clermont  en sera le président, Emmanuel Chiva  assurera les fonctions de directeur général adjoint en charge de la stratégie et du développement et Benoit Rolland  est nommé directeur des opérations de la nouvelle structure. AGUERIS possède déjà un carnet de commandes lui permettant un démarrage rapide.

locochaire

Je me fais le relais d’une nouvelle du Cercle des Partenaires de l’IHEDN. Les 28 et 29 mai prochains, la Chaire Economie de défense (voir la présentation ici), en collaboration avec la Chaire Innovation (Gretha – Université de Bordeaux), organise une conférence sur le thème « Defense R&D and Innovation ».

Cette conférence se déroulera à l’Université de Bordeaux, dans les locaux de la faculté de droit, place Pey-Berland.

Plusieurs chercheurs interviendront pendant la conférence :
– Marianne Guille (Univ. Panthéon-Assas)
– Keith Hartley (University of York, GB)
– Martin Kenney (University of California Davis, USA)
– Nathalie Lazaric (GREDEG, CNRS-University of Nice, France)
– Martin Lundmark (FOI, Swedish Defence Research Agency)
– Valérie Mérindol (Paris School of Business)
– Knut Sogner (BI Norwegian Business School, Oslo, Norway)
– Jean Belin (Chaire Economie de défense)

Une table ronde réunissant chercheurs, décideurs publics et privés se déroulera le vendredi 29 dans la matinée.

Plus d’informations : http://economie-defense.fr/conference-defense-rd-and-innovation-28-29-mai-bordeaux

lab3

Le 14 mai dernier, le département de la défense américain a organisé le premier « Lab Day », un évènement situé au Pentagone, ayant pour but de constituer une vitrine technologique de l’innovation de défense.

Cet évènement réunissait 60 centres de recherche et laboratoires médicaux sous le haut patronage de Frank Kendall, sous-secrétaire d’état à la défense pour l’acquisition. L’exposition a rassemblé une centaine de stands, incluant des innovations telles que le système BATMAN (si, si, c’est l’acronyme de « Battlefield Air Targeting Man-Aided (K)nowledge. », un viseur tête haute pour l’US Air Force fondé sur l’utilisation de Google Glasses), le laser à haute énergie de l’US Army ou encore différentes innovations dans le domaine de la robotique (système FERRET), des casques et de la protection individuelle.

lab1

Il s’agit surtout d’une opération de communication très bien orchestrée, associant visiteurs professionnels, parlementaires et sénateurs, les media, mais également les écoles et universités.

C’est d’ailleurs là une différence majeure avec l’approche française : alors que les salons américains sont accessibles aux mineurs encadrés par une équipe pédagogique, il n’existe que peu d’initiatives pour familiariser les collégiens ou lycéens avec l’environnement militaire et en particulier avec sa base technologique. Et c’est dommage, lorsque l’on se rend compte de leur réel intérêt pour le domaine (que j’ai pu mesurer en tant qu’officier de réserve en accompagnant une classe lors de la visite d’un navire de la Marine Nationale), ou lorsque l’on observe les visites de salon par des classes, à l’étranger. Ci-dessous, une visite d’étudiants lors du salon I/ITSEC d’Orlando (simulation pour la défense et la sécurité) – ils n’ont pas l’air malheureux ni traumatisés.

studentiitsec

Pour encourager l’innovation technologique de défense, je pense qu’il est indispensable d’entretenir l’esprit de défense chez nos plus jeunes concitoyens. Leur curiosité naturelle fera le reste. Une opération conjointe ministère de la défense / ministère de l’éducation nationale autour de l’innovation de défense serait un beau complément aux mécanismes et dispositifs existants (voir ici), portant aujourd’hui davantage sur l’histoire, la politique et le patrimoine que sur le domaine technologique. L’association avec les référents pédagogiques, mais également l’implication d’instituts tels que l’IHEDN ou certaines grandes écoles (X, ENSTA) sont autant de vecteurs possibles d’une telle initiative. A bon entendeur…

Images (c) I/ITSEC, US DoD