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Le combat du fantassin se situe normalement sur le terrain, plat ou vallonné, sec ou boueux, dans la végétation, ou au milieu du désert. Demain, ce même fantassin pourra évoluer tel un lézard gecko sur les parois verticales. C’est l’ambition du projet Z-Man. Parce que l’appeler « Spider Man », cela nécessiterait de verser des droits à Marvel. Il y a des limites, quand même.

Bon, on va encore m’accuser de promouvoir les américains, car il s’agit encore une fois d’un projet de la DARPA (petite incise : créons une DARPA à la Française, cela ira dans le bon sens. Il y a quelques années, cela s’appelait la DGA/DRET… nous en reparlerons). En l’occurrence, le projet consiste à permettre à un combattant de s’attaquer à des parois verticales sans risquer de chuter. Et l’inspiration vient de la Nature.

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Le lézard Gecko est une muse du biomimétisme, à savoir l’inspiration de la nature dans ingénierie. Ce lézard a déjà inspiré l’industrie par les lamelles adhésives appelées sétules, qu’ils possèdent sous les doigts (environ 1000 par patte), et qui leur permettent de grimper sur toutes les surfaces grâce aux liaisons de Van der Waals, y compris les plus lisses. Le résultat : le velcro.

La DARPA s’en est également inspirée. Elle a présenté lors de son récent « demo day » annuel l’innovation Z-Man : des dispositifs destinés à être placés sur les mains afin de permettre l’escalade de parois verticales.

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Le dispositif est réalisé grâce à des techniques de nanofabrication, par le laboratoire Draper de l’université du Massachussetts. Et le résultat est impressionnant : un testeur courageux a ainsi grimpé sur une paroi de verre, sur une hauteur de 8m, en portant une charge de 23kg. Sans glisser ni tomber.

Le matériau fabriqué est appelé geckskin. 1m2 de ce matériau est capable de supporter 300 kg sur une surface de verre. Bon, évidemment, le système imprègne un elastomère qui doit être déployé précautionneusement sur la surface. Si l’on traduit cela sur les dispositifs Z-Man, chaque « pad » (un gant imprégné porté à chaque main) doit être précautionneusement positionné sur la surface avant de bouger.

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Plus que le fantassin-gecko, le geckskin peut donc être envisagé pour équiper des robots grimpeurs capables d’attaquer des surfaces de verre ou de béton. Jusqu’à ce qu’un fantassin accepte de tester le dispositif en conditions opérationnelles…