Une avancée vers le développement de « capes d’invisibilité »

Publié: 28 septembre 2015 dans Blindage et matériaux
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On se souvient de la spéculation autour de quelques images et vidéo floues (c’est fou comme les vidéos présentant des concepts avancés ont tendance à être floues et de mauvaise qualité – tant qu’à parler de High-Tech, autant investir dans un bon caméscope…), comme celle-ci montrant prétendument un « soldat invisible » monter dans un char en Irak. Mouais.

L’information de ce jour est plus qualifiée : il s’agit d’une équipe de recherche académique à l’université de Californie à San Diego travaillant sur le concept de « cape d’invisibilité ». Ou plus exactement, de « cape à base de métasurface diélectrique » (sic). Et leurs travaux ont attiré l’attention du Pentagone.

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En 2006, des chercheurs de l’université de Duke avaient démontré qu’il était possible de modifier des ondes électromagnétiques en les absorbant et en les redirigeant. Bien qu’il ne s’agisse pas de longueurs d’ondes visibles, les chercheurs avaient rendu, en deux dimensions, un objet presque invisible aux micro-ondes (voir ci-dessous). Le souci : le matériau utilisé devait être à peu près 10 fois plus épais que la longueur d’onde visée.

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Aujourd’hui, Boubacar Kante et son équipe de l’université de San Diego ont annoncé qu’ils avaient mis au point un matériau ultra-fin, permettant de réaliser une « cape » de Teflon incorporant des micro-particules de céramique. Le résultat : pour dévier une longueur d’onde de 3cm (un radar naval, par exemple), la « cape » ne doit plus être épaisse que de 3mm. Pour une longueur d’onde de 500 nanomètres (lumière visible), l’épaisseur du matériau doit être de quelques dizaines de nanomètres. Autre avantage : les particules de métal auparavant utilisées avaient tendance à absorber les longueurs d’ondes visibles, rendant l’objet recouvert plus sombre – ce défaut n’existe plus avec les microparticules de céramique.

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Outre l’épaisseur, les limitations du concept étaient connues. Kante et son équipe prétendent aujourd’hui y répondre pour certaines :

  • Limitation angulaire : les ondes doivent être déviées par rapport à un observateur en face de l’objet, et la lumière arrivant à un angle de 45 degrés avec une tolérance angulaire de 6 degrés – l’équipe annonce tester d’autres solutions pour accroitre cette tolérance
  • Limitation du camouflage : on ne peut à la fois camoufler aux ondes radar et dans le visible. Pour le coup, cette limitation demeure vraie.

Mais la plus importante limitation, c’est que l’objet, camouflé ou non, continue à cacher ce qui se trouve derrière lui. Le concept est donc pour l’instant réservé aux milieux simples : camoufler un drone en appliquant le matériau sur sa surface ventrale, par exemple. Et par beau temps…

En revanche, la production du matériau ne semble pas poser de difficulté majeure, en termes d’échelle, de délais ou de coûts.

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Petit détail amusant : le Pr Boubacar Kante, bien que travaillant aux Etats-Unis… est français et a reçu son doctorat à l’université d’Orsay. A suivre donc: le déploiement opérationnel de telles solutions (limitées dans un premier temps) est envisagé dans une période de 5 à 10 ans.

commentaires
  1. […] vous souvenez peut-être de mon article sur la cape d’invisibilité à base de métasurface diélectrique. Ici, le principe est différent, et consiste à utiliser des […]

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